Un temps à faire danser les sangliers

A mon arrivée sur la place de Pouru aux Bois, PTR et Reynald sont déjà prêts à partir à l’assaut des 40 km. Je remplis le bulletin d’inscription au hasard le corps de police étant trop petit pour ma vision de taupe. Dans la série « qui me parle ? » je poursuis mon aventure avec les rilsans de la plaque rando. Après 10 minutes de tentative je recours à un organisateur pour insérer la languette dans l’orifice. Thierry (pas celui de Catherine mais celui de Géant Spé) et Yoann pointent le bout de leurs roues. A peine le temps de procéder aux salutations d’usage que les premières gouttes bénissent la randonnée des sangliers. Rapidement l’enfant de cœur, chargé comme un Guitou à la fête de la bière, trébuche et renverse le bénitier.

C’est donc sous une pluie battante à ne pas mettre un belle maman dehors que nous nous élançons. L’averse redouble tant que l’expression pleuvoir comme vache qui pisse devient trop fluette. Nous montons sur les hauteurs du village. J’envoie du braquet pour me réchauffer et éviter de ressembler à Bob l’éponge. 2km plus loin nous entrons dans les bois. Des personnes peu scrupuleuses n’ont pas hésité à retourner les flèches. Heureusement la chaux barrant le chemin nous remet dans la bonne direction. Le sol glissant nous impose de devenir des récupérateurs de trajectoire. Les chemins deviennent moins larges et plus sauvages. Les genets nous fouettent les cuisses comme dans un streaming de Jacquie et Michel. Un panneau alerte d’un passage délicat : une brève descente vers un gué suivie d’une montée grasse. L’effort fait fumer les guibolles. Se succèdent montées et descentes sur des chemins forestiers jusqu’au 1er ravito. Reynald s’aperçoit que son GSM fait de la plongée sous-marine dans la poche de son shorty. Il tente une réanimation en le mettant en quarantaine dans son sac à dos.

Nous repartons rapidement l’eau atteignant nos os. La remise en selle nous fait vivre ce que nos anciens en perte d’autonomie ressentent. Le rembourrage de nos cuissards gorgés de flotte se vide du liquide. PTR se la joue à la sauce « Qui a du caca kaki collé au cucu jusqu’au zizi ». A chaque appui une matière semi-liquide brunâtre lui dégouline le long des cuisses. Quelques courts singles nous évitent de nous projeter en EHPAD. Nous parcourons ensuite de nombreux chemins forestiers dans les bois de la Chapelle. Reynald ouvre la bal des galtouses par une glissade dans une bauge. Pour Thierry c’est la base arrière droite qui valse servant désormais plus de béquille que de fixation au cadre. Nous vivons en direct la mort d’un spad après 15 ans de bons et loyaux services. Notre endeuillé quitte la trace pour rejoindre Pouru au plus vite dans une position digne d’un biker motorisé. Yoann nous redonne le sourire en ratant une passe de rockabilly avec son Spé se terminant museau dans la boue. Peu avant le 2d ravito notre Philippe TR exprime son côté artistique en s’adonnant à la danse des canards. Sa roue avant s’échappe et seule la Time droite se déclipse. Notre danseur né fait 3 mètres à cloche pied le bike toujours solidaire du second. Il finit par tirer sa révérence en s’allongeant avec délicatesse sur le sol.

Comme les années précédentes le 2d ravitaillement est garni de boisson énergisante. Nous repartons avec un godet de goutte dans le coco. Après plusieurs Km un pétard nous est annoncé. nous montons les 70 mètres en 400 mètres en serrant le dentier et au moral. Sur la piste descendante qui suit mon &oelig;il gauche devient bocal à terre. Intelligemment je me frotte le globe avec mon gant recouvert de boue. Conséquence je suis obligé de m’arrêter pour faire un grand nettoyage oculaire.<br \/>De retour au point de départ chacun passe son bike au jet avant de mettre des vêtement propres. Je passe avec PTR à la case buvette pour m’enfiler un croque monsieur alors que mon hôte laisse couler dans son gosier un café noir. Nous nous apercevons qu’en l’absence de notre Cacal national (que dis-je ..! international), photographe officiel du Raid, personne n’a pensé à sortir son petit moineau. Lorsque je reprends la route Laurent, qui a choisi de lâcher la brouette, doit déjà avoir plongé dans le délice de la coupe du monde de XC à la Bresse.

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