Choisi ta voie

Alors que je prépare mon habit de lumière, une averse qui aurait pu faire croire à Noé qu’il allait devoir se remettre au boulot, s’abat sur mes fenêtres de toit. Ne sachant comment m’habiller, je vide l’armoire dans mon sac décidant de remettre à plus tard le choix de ma tenue. Cacal arrive bientôt. Le temps de charger sans assistance la monture assistée chargée et nous voilà partis pour rejoindre les terres du sud.

Petit à petit le ciel s’éclaircit en même temps que le jour se lève…

Quand nous arrivons à la maison de chasse, camp de base de notre sortie du jour, peu de voiture se trouvent sur le parking. Quand j’ouvre ma portière, celle-ci manque de se faire arracher par une bourrasque. Décidément c’est pas un temps à mettre un vététiste dehors. Tel le militant de base de feu le parti communiste nous y allons de notre collage d’affiche et de notre distribution de tracks.

Le temps de m’habiller comme au plus froid de l’hiver, Stéphane et Philippe nous rejoignent. Nous décollons pour les quarante kilomètres.

Après quelques hectomètre de route forestière nous nous enfonçons dans la forêt. Rapidement je m’aperçois que je suis trop habillé la jauge de température faisant s’allumer un voyant sur le tableau de bord. Si le terrain n’est pas trop boueux nous nous rendons compte que cette sortie va être difficile les chemins étant défoncés. Les pavés du Paris-Roubaix étant une partie de plaisir à coté de ce qui nous est proposé aujourd’hui. <br \/>Aujourd’hui c’est Pascal qui a décidé de faire son Arnaud de base : GPS qui se décide à démarrer au bout de dix kilomètres et des galets de dérailleurs qui restent bloqués…

Le parcours, très vallonné, emprunte de petits sentiers sympas malheureusement souvent bien mal indiqués. Nous avons l’impression de vivre la fable du lièvre et de la tortue. Pas mal de portions sont freeride. Pas de trace, pas de chemin, juste quelques morceaux de rubalises accrochés aux arbres nous permettent de deviner où nous devons aller ce qui parfois est assez aléatoire tant il est difficile de regarder le sol et des morceaux de plastique accrochés dans des branches. Nous retrouvons quand même quelques passages traditionnelles.

Nous arrivons au premier ravitaillement. Installés en plein vent les organisateurs ont créé une cabane digne de la jungle de Calais pour protéger nos hôtesses qui devaient déjà être préposées au ravitaillement lors du premier tour de France en 1903.

Le temps de faire quelques clichés photographiques nous reprenons notre chemin. Sur ce deuxième secteur nous alternons larges chemins labourés par les engins de débardages et secteurs de freeride. Je commence à en avoir assez de ce parcours où; quand je ne suis pas à pieds je passe mon temps à essayer de trouver une trajectoire où je ne vais pas me faire trop secouer et arriver à garder mon pneu arrière en contact avec le sol.

Nous arrivons quand même au second ravitaillement même si Philippe commence à montrer des signes de fatigue…

Un morceau de pain d’épice et deux carrés de chocolat plus tard nous repartons pour les quinze derniers kilomètres qui selon le Père Noel sont plus faciles. Il est vrai que nous n’avons plus de chemins débardés. Dans un passage freeride un trou caché sous les feuilles bloque net ma roue avant me faisant passer par dessus le cintre avant d’aller goûter à la fraîcheur des feuilles. Alors que nous croisons une route forestière Philippe décide de nous laisser et de gagner l’arrivée par une voie plus directe. La fin du parcours est plus roulante. Notre chemin ne présente plus la moindre trace de pneus. Il semblerait que nous soyons les seuls à être encore sur le grand parcours. Alors que nous empruntons un large chemin, je demande à Pascal de nous montrer la puissance de son assistance. Nous le voyons s’envoler rapidement sans aucun espoir de pouvoir le suivre. Nous continuons notre périple sur des chemins connus. Pascal m’annonce bientôt que sa batterie est vide. Alors que je lui demande s’il veut procéder au remplacement de celle-ci nous nous apercevons que nous sommes à quelques centaines de mètres de l’arrivée. C’est à la force du mollet qu’il finira la randonnée.

Nous retrouvons Philippe une barquette de frites à la main… Si proche de la Belgique Jack London aurait du rebaptiser son plus célèbre roman l’appel de la frite !

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