Une boue humeur* 2 en 1

En ce week-end pascal les raidars sont éparpillés pour retourner ciel et terre (surtout terre !) à la recherche du symbole de fertilité, de vie et de renaissance que représentent les oeufs en cette période. Pour ma part, c’est samedi et dimanche que je participe à la chasse aux ovules de basse-cour. Je m’inscris le premier jour aux Chemins de la trisomie 21 de Thin le Moutier . Arnaud, Cacal, Fabrice et 2 de ses amis m’accompagnent. Après la pause de flyers et d’affiches de la RPS nous commençons notre périple.

La trace débute comme l’an passé. Si le chemin est roulant l’inclinaison pointe vers le haut. Rapidement nous nous apercevons que Cacal manque à l’appel. Plusieurs hypothèses jaillissent : il s’est coincé la chevillette dans la braguette, il a suivi une poule aux oeufs d’or bonnet D, ou il a mis en oeuvre les conseils de Pierre DAC « il est idiot de monter une côte en bicyclette quand il suffit de se retourner pour la descendre « . A peine le temps d’imaginer d’autres causes plus probables que notre sexa-pile nous rejoint comme une balle. Les 5 km suivants restent en plaine et le rythme est soutenu. Nous quittons les chemins stabilisés pour emprunter un chemin plus sauvage mais surtout boueux à souhait. Une boue si collante qu’en moins de 20 mètres nos montures se transforment en fat bike. Les spads n’en font qu’à leur tête. Bien que Fabrice tourne sa roue avant vers la gauche son destrier continue de s’échapper vers la droite. Il enlace un arbre involontairement pour mettre un terme à sa dérive. Je me retrouve à ouvrir avec la sensation d’emmener un Pivot ivre. De nouveau sur la terre ferme nous montons puis descendons vers la fosse à eau. La traversée de la route est sécurisée par l’organisation (comme toutes les autres d’ailleurs). Nous longeons le bitume par une pâture avant de partir sur les hauteurs. Nous sommes quasi les 1ers à arriver au ravito. Nous échangeons avec les sympathiques ravitailleurs. Ces derniers nous informent que la tonne à lisier est remplie de bière … De quoi faire baver comme un escargot plus d’un raidar. Les 4 km suivants empruntent exclusivement des chemins forestiers. 4Km de glisse parsemés de belles montées et de quelques descentes. Dans une des raides montées la puissance de l’assistance électrique de Cacal lui fait perdre l’adhérence. Je suis le dernier en selle. Ma roue fait 2 tours dans le vide. Dans un dernier soupir je tente de mettre un peu de poids sur l’arrière pour récupérer de l’accroche. Mais comme dit un proverbe chinois qui accroche décroche … le Mach cabre et je me retrouve dos au sol comme Jeannette la tortue. A la vision du jaune de mon Camelbak, Arnaud craint que je me sois explosé l’oeuf. Mais une coquille en choco est bien plus robuste que celle d’une galinette cendrée. Nous arrivons déjà au 2ème ravito placé à 30 minutes du précédent. Toutefois, cette demi-heure s’étant révélée bien physique l’emplacement est pertinent.

C’est reparti. C’est reparti dans la bouillasse. Fabrice pour exprimer son ras le bol décline le dictionnaire de noms populaires dont les plus littéraires sont B….L, M…E, P….N, Fait C…R. Un peu plus loin, Cacal tente un voyage en solitaire en contournant une bauge par son tribord. Son bike s’arrête net la roue avant enfoncée jusqu’au moyeu. Notre matelot est à un ongle de chavirer dans la marre. Cet épisode rend la gaieté à Fab qui sort son petit appareil pour immortaliser la scène. Nous reprenons des forces au dernier ravito avant d’attaquer la dernière boucle.

Nous arrivons à Thin le Moutier les jambes lourdes. Le temps que je patiente au bike wash Cacal et Fab ont le temps de décapsuler plusieurs canettes. C’est donc la gosier sec que je reprends la route.

Certains se demandent peut-être si Arnaud a bien participé à cette rando (ce dernier étant quasi absent de ce CR). Je confirme BHman a bien roulé avec nous. Mais un homme et un bike en forme passent inaperçus dans un CR.

Après un recalage des pendules et une nuit de récupération, je retrouve Guitou à la SMA pour en découdre avec la trace de la RPS. La rando de la veille plus physique que prévue, me fait revoir mes ambitions. Je remets le 45 à plus tard au profit du 35. La quette aussi courageux qu’un Arnaud arrive de son domicile en bike. Pour préserver l’effet de surprise le 10 avril prochain, je me contenterai juste de transmettre quelques éléments : des montées, des descentes, du technique, du ludique, du single, des cuisses chaudes au point de faire cuire une entrecôte, la banane du début à la fin. Bref une matinée de régal.

*Merci à l’auteur (Matelot rider) pour l’autorisation de publication de la trouvaille

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