La dame à 7 heures

L’invitation à l’anniversaire du beau-frère ne me permet pas d’aller rider sur les terres du Bel Gaum’Raid. Je me rabats  sur une sortie à voiturage court. Je propose à Guitou d’aller user nos crampons dans la vallée de la Meuse. En  quelques minutes notre secrétaire compose un programme mode Roc et mêle l’invitation.
J’accueille Catherine et Thierry avec qui Laurent avait roulé il y a plusieurs mois. Arnaud, Guitou et Micha suivent. Yann arrive par la voie verte. Heureusement, personne n’a de chat dans la gorge ce dimanche,  ce qui m’évite de transmettre le remède en présence de la gente féminine. Guitou quant à lui utilise une terminologie littéraire. Lorsque je le félicite de cette compétence nouvelle, lui échappe son mot préféré signifiant un homme ou une femme se faisant visiter le potager pour une porte  dérobée. Pour faire diversion il saute sur son spad. Nous voilà partis.
Nous entrons dans le vif du sujet en moins de 300 mètres. Nous montons à la roche à sept heures par le single. Les 10% de moyenne d’inclinaison mettent rapidement à l’épreuve nos cuisseaux. Les roues se dérobent régulièrement sur les pierres sans qu’aucun d’entre nous ne pose pied. La malédiction des bikes rouge noir blanc frappe le BH d’Arnaud.  Un roulement hulule autant qu’une allocution présidentielle.  L’état d’excitation intense des billes renvoie plus à une partie d’osselets dans un lave linge qu’à une partie mécanique. Converti en chocomotive à vapeur, digne de la bête humaine, mon intensité sonore finit par couvrir les cris désespérés du destrier hispanique. Lors d’un franchissement d’un passage rocheux humide mon pneu arrière signe le sol du Z de Zorro. En absence d’acte héroïque il doit plutôt s’agir du Z de Zergent Garcia. J’évite la boite du bout de l’orteil. Arnaud, Micha et Yann s’échappent alors que Thierry et Guitou me passent. 30 mètres plus loin c’est au tour de ce dernier d’apposer son Z sur l’ardoise en guise de dédicace : « Z’ai failli me foutre le potager dans le fossile ». L’agilité de notre Antonio BANDERAS de la vallée ne lui fait marquer qu’un simple arrêt sans perdre les rênes de son Tornado. J’en profite pour le doubler avec autant de discrétion que Bernado flânant aux abords des personnes à épier. Je termine l’ascension au moral et rejoins Arnaud, Yann, Micha et Thierry déjà en phase de récupération. Guitou tarde à montrer le bout de son groin … A croire qu’il s’est arrêté pour écouter le dernier CD des pères Don Alejandro de la Vega. En fait, notre galant homme motive Catherine qui termine avec courage.
Après quelques commentaires sur ce début, nous remontons en selle. Ça grimpe à nouveau avant d’aborder la partie technique surplombant la boucle de Monthermé. Nous nous arrêtons pour admirer le panorama. Le fond de la vallée est recouvert partiellement de brune. Sans aucun doute, le renard fait bouillir la marmite pour retenir à dîner commère la cigogne et Maître corbeau. Nous empruntons un profil descendant pour rejoindre la piste menant aux Hauts Buttés.
Nous faisons une pause pour permettre à Catherine de recoller. Thierry s’aperçoit que sa chape danse la lambada. Nous grimpons dans le lit d’un ru ménopausé. En haut les jambes piquent. Guitou remarque que nous venons de gravir 500 mètres de D+ en 10 km.
La suite devient plus roulante jusqu’à la tour du millénaire de Gédine. Arnaud retient une expression espagnol pour qualifier cette partie : qui doit signifier approximativement mou du genou. Nous en profitons pour bavarder avec nos invités. J’apprends que Thiérry, ancien motard tout terrain, connait Seb (bonjour lui est remis). Nous retrouvons des chemins sauvages. Arnaud s’y lance nez dans le guidon mais mou de la boussole et rate une bifurcation. Je le suis sans faire mieux. Heureusement, Thierry plus attentif nous dirige vers la bonne voie. Catherine commence à avoir les jambes lourdes sans perdre sa bonne humeur. C’est à mon tour de l’accompagner de temps à autres pour la motiver.
Dans une descente en pavasse Thierry se retrouve dans la position du paléontologue … heureusement sans poser genou à terre. Nous finissons par des singles sympathiques avec quelques passages techniques.
Revenus au point de départ, Catherine et Thierry reprennent rapidement la route au regard du temps de route nécessaire pour regagner le pays de l’écureuil. Yann en fait de même repartant par la voie verte. Nous terminons devant une boisson houblonnée offerte par Arnaud à l’hôtel local (je précise que nous sommes restés en terrasse).

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