Godefroy et cuisses chaudes

En ce deuxième dimanche de septembre nous nous étions donnés rendez-vous à Bouillon pour le célèbre Grand Raid Godefroy. Le temps étant clément, qui lui n’était pas présent, depuis quelques jours nous avions décidé de nous lancer sur le 70kms, le 90 laissant de trop douloureux souvenirs à PTR et le 45 ne nous laissant que trop peu de temps pour profiter des sublimes paysages de la vallée de la Semois. Nous nous étions donc donnés rendez-vous sur la ligne de départ pour affronter le chronomètre.

Parti de la maison avec ChocoBob nous retrouvons Arnaud sur la route. Le temps de fixer notre plaque sur le cadre nous allons rejoindre PTR et Brice (compagnon de 24heures du Mans de raidars aux jambes rasées). Sur la ligne nous passons plus de temps à saluer nos connaissances qu’à nous concentrer sur notre objectif : finir entier ! Nous décidons donc d’un départ en fond de grille tel un Hamilton ayant changé de moteur.

A huit heures trente le signal de départ est donné et nous nous élançons tranquillement pour un parcours déja connu. Un petit tour dans Bouillon nous mène sur la route de Sedan avant de bifurquer vers les bois du Rond-le-Duc. Contrairement à ce que je pensais ce premier secteur a été totalement revu par les organisateurs. Nous tournons dans tous les sens tel qu’aurait pu le tracer un raidars. Si le parcours est assez roulant il n’en est pas pour autant ennuyeux c’est pratiquement sans nous en apercevoir que nous arrivons au Rocher Lecomte avant de nous jeter dans la traditionnelle descente du Raid des Sorcières. C’est au pied de cette descente que se trouve le premier ravitaillement. Ravitaillement perturbé par le passage en trombe des premiers concurrents du 45kms qui pour certains ont oublié d’être aimable. A peine reparti j’évite le passage sur le pont et préfère traverser dans la riviéèe. Après avoir traversé Semois ce n’est pas une petite rivière de rien du tout qui va me rebuter. Mais la rivière est un peu plus profonde que prévue et c’est finalement mouillé jusqu’aux épaules que je vais continuer le périple. S’en suit une boucle au-dessus de Dohan commençant par une montée qui ce veut cette fois moins roulante que ces prédécésseuses. Nous voilà dans un enchaînement de singles  avec coups de cul mais surtout une belle descente en lacets. Connaissant l’endroit et voyant PTR mordre la poussière à cause d’un tout droit d’Arnaud, je prend l’option « dret dans l’pentu » qui s’avère finalement payante. Après cette boucle nous partons de nouveau sur la trace du Raid des Sorcières pour gagner les hauteurs et le deuxième ravitaillement qui marque la mi-parcours. C’est avec joie que nous voyons notre parcours se sèparer de la course du 45 et de la randonnée de 40 kilomètres. C’est dans ce secteur que nous nous rendons compte que l’Habit n’est pas au mieux de sa forme. Arnaud commence à geindre dans la moindre montée. Il faut dire que dans ce secteur les côtes font vraiment mal aux jambes et sont très nombreuses. A chaque sommet nous devons attendre qu’Arnaud apparaisse avec le visage grimaçant. Nous parvenons néanmoins groupés au dernier ravitaillement. Quand nous voyons Arnaud descendre du vèlo nous nous rendons bien compte qu’il a passé trop de temps sur l’Habit et qu’il n’a pas trop envie d’y retourner.

Nous décidons de finir les dix-huit derniers kilomètres chacun à notre rythme. Je pars devant avec Brice et PTR dans ma roue. Nous décidons de finir en en gardant peu sous la pédale malgré que nous sachions que la dernière côte qui nous attend est costaude avec ces deux kilomètres et demi à dix pour cent de moyenne. Nous avalons les singles tant en montée qu’en descente à grande vitesse. Dans une grande descente couverte de roches, de racines et de cailloux j’entends PTR demander à Brice comment ça se passe. La réponse est claire :  » Je me suis fait dessus ! «  Alors que nous attaquons ce que nous croyons être la dernière montèe qui nous permettrait de traverser la nationale et de rejoindre tranquillement le belvédère avant de plonger vers Bouillon, nous voyons des vététistes devant nous et décidons que nous avons assez de ressources pour aller les chercher. Effectivement avec Brice nous remontons un par un nos prédécesseurs dont certains ont opté pour l’option piéton. PTR choisit d’être plus sage et de monter au train. Après que PTR nous ait rejoint nous traversons Curfoz par la route, ce qui rappelle les 24 heures du Mans à mes compagnons de route. Nous voyons que des panneaux indiquent les courses vers un chemin que je ne connais pas alors que les randonnées prennent la route classique. Nous entrons néanmoins dans le bois du belvédère. Un moment nous tombons sur le chemin que nous empruntons de temps en temps pour monter au belvédère quand nous avons envie de nous faire mal aux jambes. Un cri s’échappe de ma bouche :  » Les enc… ! «  Alors que j’entends un  » Oh non ! «  venant de PTR. Mais heureusement les organisateurs nous font bifurquer immédiatement sur le flan de la montagne pour emprunter des singles inconnus. C’est très ludique et technique malheureusement le peu de lucidité qui nous reste ne nous permet pas de tirer la quintessence de ce magnifique passage. Nous finissons par une descente en lacets que Brice a du mal négocier. Je lâche les freins pour faire l’intérieur dans un virage. Pour finir la descente une option soft s’offre à nous mais nous préférons nous lancer dans le hard. Nous finissons tous les trois les derniers kilomètres en bord de Semois. Nous aurons au final repris douze places dans ce dernier secteur pour finir les soixante-dix kilomètres en cinq heures vingt-cinq. Quelques minutes après nous voyons arriver un ChocoBob frais comme un gardon. Nous ne savons pas où en est Arnaud. Nous décidons d’aller boire une bière en l’attendant. Avant que nous aillons eu le temps de finir notre bière nous le voyons arriver avec la démarche du cow-boy ayant été boire un verre au Fucking Blue Boy après une journée de cheval. Tous contents de voir que le Grand Raid Godefroy soit enfin rené des ses cendres nous quittons Bouillon heureux de nos performances.

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