Soeur courage

Laurent a placé haute la barre dans son dernier CR. Il va me falloir transpirer des synapses pour tenter de lui arriver à la cheville. Votre rédacteur part donc plume dans … la main pour une envolée lyrique. Je suis convaincu que certains lecteurs ont remplacé dans la phrase précédente un mot par un autre du genre masculin définissant une partie de l’anatomie intime commune aux deux sexes. Ils se demandent désormais pourquoi l’absence d’un tel propos. Primo, la saisie de la plume du potager est réservée aux candidats reconnus pour la qualité de leurs vannes (je suis ainsi éliminé d’office à la majorité absolue). Secondo, la plume est utilisée dans le cadre d’une métaphore. En citoyen du XXIème siècle j’ai remplacé la plume par un clavier et le parchemin par un écran. Imaginez un paon faisant la roue avec un clavier pour séduire dame paonne. Effectivement, il rentrera à la basse-cour la souris entre les pattes.

D’autres ayant l’esprit placé au niveau de la sémantique vont me reprocher l’absence de rapport entre la plume de poulailler et les raidars. Je me porte en faux. Si on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs, pour les raidars (surtout un) on ne fait pas de VTT sans casser de matos. La boucle étant bouclée, je peux en venir enfin à la passion qui nous anime : le VTT. Je retrouve Cacal au centre sportif de Gédine à 8H20. Nous sommes rejoints par Thierry et Catherine ayant opté pour un parcours d’arrivée touristique. Après avoir enfilé le bracelet d’identification pour les ravitos nous donnons le premier coup de pédale. Les 1ers Km roulants et les montées à faible pourcentage permettent papotage tout en montant progressivement en température. Je me tape la bourre à plusieurs reprises avec un inconnu. Mon dentier de 28 dents ne me permet pas de rivaliser sur la plat. Par contre, dès que le chemin pointe vers le haut je passe devant. Je finis par m’arrêter pour attendre mes partenaires de ride. Thierry constate que son maillot du Raid colle au corps au point que j’entends Cristina CORDULA commenter de la sorte :  » Mon chéri, prend un taille au-dessus, le L ne met pas tes formes abdominales en valeur « . Si les sentiers forestiers ne comportent pas de difficulté il est agréable de rouler en manches courtes sur un sol sec en contemplant les paysages. Au 10ème Km arrive le 1er single pour éviter la monotonie. Hélas, la trace n’étant pas faite, au lieu de se lancer le nez dans le guidon il est utile de repérer régulièrement les flèches de chaux pour se diriger. Dans la descente avant le 1er ravito Thierry se prend pour Robocop en taillant la haie sur 300 mètres. Néanmoins, comme le précise un proverbe américain  » n’est pas Robocop qui veut  » notre vaillant se retrouve avec le bras tailladé de quelques égratignures sponsorisées par Teisseire avec dégustation gratuite de sirop de fraise. Quoi de plus ingénu pour l’arrivée au ravito. Ce dernier est bien garni. Cacal joue de l’index pour immortaliser cette journée.

Nous repartons par une montée plus pentue. Après la traversée d’une route nous entrons à nouveau dans les bois par un chemin mono-trace. Suit une belle descente bien à pic. Je reste en selle. Rapidement je sors ma phrase magique :  » heureusement que c’est sec  » car je prends de justesse le virage à gauche situé à 10 mètres du final. Les passages ludiques et techniques se succèdent. L’assistance électrique de Cacal tombe en carafe. Bien évidement un long pentu se positionne devant lui. Notre raidar emmène au sommet son destrier de 19 Kg semelles au sol. Un long passage en bord de rivière nous fait avancer sur un single rendu technique par les roches. Thierry nous montre son passé de motard tout terrain. Je le suis sans me poser de question. Un pur régal. Ce passage abouti à un passage de gué à franchir à pied en prenant appui sur des pierres. Je fais concurrence au club du 3ème âge local. Nous nous arrêtons de plus en plus fréquemment pour laisser le temps à Catherine de nous rejoindre. Il faut dire que cette partie de vrai VTT tape dans le physique. Dans son style de force tranquille notre raidarde progresse à son rythme mais toujours sur la selle et parvient à nous toujours avec le sourire. Sourire qui revient chez Pascal son assistance reprenant du service par la magie du Saint-Felt. Arrivés au 2ème ravito 27Km sont derrière nous pour seulement 500m de D+. Ce qui signifie que nous allons grimper de 600 mètres en 16 km. Un des « ravittailleurs » confirme cette hypothèse tout en nous promettant des bosses bien raides sur la fin. Les montées se succèdent dès la reprise avant de franchir un petit pont de bois et une centaine de mètres de portage tant le % est élevé. Un single descendant avec des dévers et des virages nous redonne de l’énergie. Les montées sont de plus en plus pentues et longues. Catherine souffre mais reste collée à ses pédales. Il est déjà 11H30. Thierry nous propose une seconde fois de ne plus les attendre. C’est donc en deux groupes que nous continuons. La trace devient plus physique que ludique. Au dernier ravito je me délecte de 2 crêpes maison sur lesquelles je n’ajoute pas de sucre prétextant un régime diététique draconien. Pour éviter de me jeter à nouveau sur cette pitance je me positionne à l’opposé. Un peu plus loin, lors du changement de batterie pour notre homme le plus électrique du Raid 2 VTTistes chevauchant chacun un VAE LP s’arrêtent à nos côtés. Et que font 3 VTTisteAE ensemble ..? Ca se montre la batterie, ça se la tripote. C’est une chose de parler de watt mais il est temps d’en mettre sur les pédales pour terminer le parcours. Un joli single agrémente le final. Nous devons jardiner pour trouver la sortie (une belle descente en virage).

Après s’être remplis l’estomac de liquide et de solide, nous reprenons la route de la France ravis de cette belle rando variée. A mon départ, la voiture de notre couple du Sud-Ardennes est toujours seule. En guise de mot final je vous propose une séquence émotion. J’apprendrai en fin d’après-midi que Thierry et Catherine ont assisté en direct à la naissance d’un petit âne aidé par un biker dans une pâture prés de la trace. Elle n’est pas belle la vie ..?

Conclusion : ce CR finit quasi comme il a failli commencer !

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