Bellefontaine je ne boirai pas de ton eau

Les grands légumes célestes vous parlent colle bien à cette journée qui commence à peine. Alors que je roule vers Bellefontaine pour cette randonnée qui sera pour moi la première depuis le Roc d’Azur et pour mes camarades du jour la première de l’année. Quand j’arrive sur place le soleil est encore derrière la ligne d’horizon. Je prends un paquet de flyers et file aux inscriptions. Après avoir complété la traditionnelle fiche et m’être acquitté de mon obole, je dépose avec méticulosité les tracts de la RPS sur les tables. Mes compères n’étant pas encore arrivés je profite du temps dont je dispose pour glisser quelques billets doux sous les essuie-glaces des véhicules en stationnement.

Je vois arriver Fabrice transporté par Cacal qui nous gratifie d’un beau stationnement à la parisienne… Il ne reste plus que notre vieux couple d’inséparables à arriver. Les voilà enfin échevelés, livides au milieu de la Focus comme aurait pu l’écrire ce bon Victor s’il avait habité à proximité d’une concession Ford quand il a composé la Légende des Siècles. Après avoir fait le tour du parking ChocoBob finit par se décider à aller se stationner dans la rue. Enfin au complet nous pouvons prendre la route. Le début est agréable, nous enchaînons route puis chemin. C’est un plaisir de rouler sur un terrain praticable. Nous abandonnons le petit parcours et nous nous engageons dans un sentier monotrace. Arrive bientôt une séparation des parcours de trente-deux et quarante-deux kilomètres. Pour nous c’est grimpette afin d’aller faire une boucle sur les hauteurs de Meix devant Virton. Une belle descente nous ramène sur le trente-deux à l’endroit même où nous l’avons quitté enchainant dans une descente couverte de pavés et de cailloux. Comme le dirait ChocoBob, c’est rocheux… Malheureusement la plupart des vététistes sont à pieds. j’emprunte le fossé afin de pouvoir rouler mais une barrière m’oblige à m’arrêter. Nous redémarrons. Du parcours facile annoncé, nous avons plutôt droit à un parcours vallonné avec de jolies coups de cul et de belles descentes. Fabrice se vautre lamentablement dans un virage boueux, mais comme il le dira plus tard il n’est pas tombé mais a glissé. Toujours en est-il que sa chappe et sa patte de dérailleur s’en tordent de rire. Il devra faire les vingt-cinq kilomètres restants avec moitié des pignons.

Alors que l’ensemble des parcours se sont rejoints nous arrivons au premier ravitaillement, qui sera aussi le second. Nous nous apercevons qu’il y a du monde. Il est difficile d’accéder à la Sainte Table. On se croirait dans une soirée de Monsieur l’Ambassadeur avec sa myriade de pique-assiettes plantés devant le buffet. Nous parvenons toute de même à nous restaurer. La suite du parcours quitte les sous-bois, mais continu à alterner descentes roulantes ou plus techniques, montées raides et long faux-plats. Dans les coups de cul les quatre grands pignons manquants obligent Fabrice à poser pieds à terre. Nos cuisses commencent à ressembler à des cuisseaux de chevreuil oubliés dans le four au soir du réveillon. Depuis longtemps la cuisson a dépassé le stade « à point ». Après Gérouville, nous entrons de nouveau dans la forêt. Après une longue montée nous retrouvons le ravitaillement, enfin ce qu’il en reste car nous devons nous contenter de sirop et de soupe… Cacal manque à l’appel. Nous guettons son arrivée. Nous le voyons enfin apparaitre. Dans un virage, le Felt s’est mis à dandiner du cul suite à une crevaison lente.

 Après avoir salué un groupe de sprintients et fait quelques photos nous attaquons le dernier tronçon. C’est plus roulant mais ça monte encore. Pas de doute le traceur a du changer cette année. L’état des cuisses n’est pas le même pour tous. Arnaud ouvre le chemin, je m’accroche comme je peux Fabrice dans ma roue. Malgré ses efforts pour recoller au groupe ChocoBob jette l’éponge alors que Cacal a disparu des écrans radar. Dans un virage que je négocie mal Arnaud prend cinquante mètres que je ne parviendrai pas à combler, Fabrice se contentant de rester à l’abris de ma sculpturale silhouette.

Nous abandonnons l’idée de laver nos montures qui en auraient bien besoin quand nous nous rendons compte que nous mettrions moins de temps pour accéder à Space Mountain un jour de beau temps. Nous préférons économiser ces quelques minutes afin de prendre notre première bière commune de l’année. Malgré que nous soyons à Bellefontaine nous ne boirons pas d’eau…

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