Quand le bon petit diable n’est pas de la partie

Samedi matin la météo est plus clémente que les prévisions. Le soleil me motive à prendre la direction de Chimay en milieu d’après-midi pour jouer le noctambule. Au moment du départ des flocons de neige ont remplacé les rayons de l’étoile naine jaune. Je m’inscris et dépose des flyers de la RPS à 18H10.  La nuit à peine tombée, je me lance sur les 30 km par un temps sec et frisquet. Les 1ers km se font par le goudron avant de rejoindre des chemins agricoles. Arrivent enfin les sous-bois. Rapidement, les bauges se succèdent bien souvent sans possibilité de contourner. Dans l’une d’entre elles ma roue avant plonge de 50 cm et se bloque dans la boue épaisse. Je me vois passer par dessus le cintre et jouer au têtard. Un peu tôt pour prendre un bain de minuit, j’arrive à déclipser en catastrophe pour me maintenir hors de l’eau si ce n’est ma jambe d’appui glougloutant jusqu’au genou. Le single suivant s’est transformé en ruisseau. Une piste permet un peu de repos. Je m’aperçois alors que mon GPS a disparu du cintre. Je pars en sens inverse tel un aventurier à la recherche du Mio perdu. Je descends le single puis retraverse les multiples bauges. A la dernière, 2 participants jouent les narcisses au-dessus du trou d’eau. Après une certaine hésitation, ils m’avouent y avoir aperçu la lueur d’un écran GPS. Hélas, leur tentative de « repêchage » à plutôt  remuée la boue. Sans hésitation je me métamorphose en Jean-Marc Barr pour une adaptation du grand bleu en Grand boueux. Après 5 minutes de recherche à 4 pattes dans la bauge, je remonte à la surface GPS entre les nageoires. Impossible de fixer l’appareil sur son support un ergo étant brisé. Je reprends mon chemin. Rapidement les doigts me piquent. Quel bachibouzouk je fais….j’ai oublié mes gants près de la bauge. Bis repetita demi-tour pour incarner le grand Goubi dans un idiot à Chimay.

Après une piste roulante la trace entre à nouveau dans les bois. Une forte chute de neige s’associe au sol détrempé, spongieux,glissant et parfois marécageux. Durant plusieurs Km les trous d’eau sont quasiment infranchissables. L’intérieur du bois est du même acabit. Je me retrouve plus souvent à pousser le bike qu’à le chevaucher. Je profite de ce « 5 Km à pied ça use les souliers »  pour discuter avec quelques VTTistes. Même à pied progresser ne s’avère pas aisé.

De retour à un monde civilisé, le chemin stabilisé me permet de remonter en selle. Par contre, difficile de dépasser les 6Km/H. La neige s’est transformée en grésil.  Les lunettes ne faisant pas bon ménage avec ce type de précipitations, sont dans la poche. Et le grésil dans les yeux ça pique ! Le ravito est bien achalandé avec option vin chaud. Je m’abrite sous la tonnelle l’averse redoublant d’intensité. Hélas,une partie de la bâche lâche prise sous le poids. Je me prends une douche glaciale. Je continue mon périple. Les chemins et singles deviennent plus praticables. Je reprends plaisir  à rouler.

Les 5 Km derniers utilisent le macadam. Arrivé au collège Saint Joseph je me dirige vers le bikewash. L’ambiance est chaude entre 2 VTTistes. Ils finissent à en venir aux mains. A plusieurs nous les séparons. A 200 mètres de mon véhicule je pense ne plus avoir de mauvaises surprises. Mon espoir s’envole rapidement. Mon 4 roues est pris en sandwich entre 2 voitures de boyaux rouges. Je suis aussi vert que Shrek. Une heure plus tard je peux enfin sortir !

Après cette nocturne en solitaire, je retrouve à 8H30 les raidars à la SMA de Flize. C’est week-end d’affluence. Guitou, Stéphane, Philippe 1er, Jipé, Maxime, Clément, et Aurélien ont répondu présents. Bien que Mickaël avait prévu d’être malade il pointe le bout de son Spé. L’administration de 7 médocs lui a redonné une santé de fer. Vu l’efficacité de la thérapeutique et la mine joyeuse de notre Micha la voie intra-rectale a très certainement été retenue. Laurent ayant tiré le diable par la queue digère ses kg de boeuf grillé engloutis. Pour notre président c’est donc dimanche Badoit comme le chante si bien J.J. Goldman. J’annonce le programme de la matinée. L’objectif est de trouver une nouvelle trace pour contourner des chemins impraticables sur le secteur 2 du 45. Chacun comprend vite que nous allons débuter par la bosse du Terme. Dans cette montée Guitou plus haut de 3 pouces dompte son pur sang. En haut il est temps de retirer une couche. Durant cette pause Stéphane touché par la mouche logorrheusvienusparissisquejetepiqus a le verbe burlesque. Nous trouvons rapidement la nouvelle trace. Dans la descente amenant à la clairière Micha se fait une bonne frayeur en se retrouvant sur le talus malgré lui. Au croisement, chacun y va de sa direction pour rejoindre le parcours initial. La majorité vote pour le chemin d’en face. Même si la direction plus à droite me semble judicieuse je m’incline devant autant de pression et de férocité animale. Après quelques centaines de mètre, nous avons la certitude que ce chemin n’est pas celui envisagé. Néanmoins, la joie de la souffrance nous fait continuer sur cette interminable montée.Certains commencent à tirer une langue de babouin. Le groupe s’étire dans le passage du fossé. Le temps que les retardataires nous rejoignent, je descends l’ArtNoz pour enlever les arbrisseaux couchés au beau milieu.

Nous poursuivons la trace. Au single descendant à la ferme de Flamanville Guitou bave d’envie de tester à nouveau ses grandes roues. Une envolée de « le 29 c’est une tuerie » s’échappe régulièrement de son gosier. Pour éviter le passage dans la ferme, nous empruntons le chemin virtuel de Guitou. Ce dernier plus chaud qu’un ado avant son premier rapport sexuel, nous lâchons la trace pour rejoindre au plus vite le Larchant Spirit. Dans la liaison Clément se gamelle et se relève discrètement. Pour être certain d’apparaître dans ce CR, il nous gratifie d’un magnifique saut périeux avant avec réception mâchoire sur le radiateur lors du franchissement d’un fossé. Notre jeune premier se remet débout sans dommage. Jipé cuit comme un sushi prend un raccourci.

Nous arrivons à la SMA pour 12H. Micha sort sa glacière garnie de boissons houblonnées et de boites de médocs. Je constate qu’il consomme plus de liquide que de comprimé, gélule, pastille, dragée ou suppositoire. Au final 25 km en 2 bonnes heures de roulage pour 540 de D+. Je ne sais pas pourquoi mais j’ai le pressentiment que notre président va se délecter d’un commentaire du type « Ce n’est pas avec des sorties de 25Km que vous allez faire moins de 4H au Roc Marathon » .

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