Bananes et concombres

A la recherche d’une sortie pour ce dimanche, quelques prospectives sur internet m’amènent à la page du Raid des Roches organisé par le Bik’er VTT d’Erneuville. Les 1H15 de trajet m’encouragent à entrevoir le 60Km. L’invitation est lancée aux Raidars. Arnaud et le triplé Jipé répondent présents. Je gare la voiture à 8H29 sur la prairie faisant office de parking. Nous rattrapons au vol Maxime. Jipé et le « petit » ont déjà pris le départ du 45. Les inscriptions se font rapidement. Au moment de fixer la plaque je m’aperçois qu’un des deux rilsans ne fait pas le tour du cintre. Retour à la case départ pour toucher quelques cm de plus. Nous passons sous la tonnelle de départ. Le premier sentier est roulant et le sol gras de la descente qui suit nous rappelle qu’il faudra parfois faire preuve de dextérité. Nous parvenons à un chemin rural. J’envisage alors un parcours ressemblant à celui de Rulles (le raid des roches entrant aussi dans le challenge O2MC). Je suis rapidement défait de ma conviction. La trace passe entre les arbres pour nous faire franchir des trous. Arnaud descend dans le premier. Bien que sa roue arrière ne touche pas le sol des 3 mètres du pentu il reste maître du BH par l’opération du Saint-Esprit. C’est à mon tour dans le second de proposer ma figure de style. Arrivé dans le fond en dévers le bike glisse sur le mucus et les épines de pin mouillées. Sous la protection de Saint-Roger je récupère la situation.
Maxime prend la tête. Arnaud en grande forme tient sa roue. Sachant que 55Km restent à parcourir je préfère me faire distancer. Je retrouve mes 2 compagnons au pied de la première bosse. La roche humide et la boue font rapidement mettre semelles à terre à plusieurs participants. Nous parvenons en haut sans encombre à l’énergie. La durée de cette ascension nous fait oublier le froid. Les gamex rejoignent les sacs à dos. Pour franchir un gué un gros bourbier donne du fil à retordre à Max et Arnaud : bikes enlisés et boue jusqu’au mollet. Je tente l’option « je passe par le  bois ». Mauvaise pioche ! Me voilà au bout de 4 mètres au beau milieu d’orties, de ronces et de branches. Plusieurs minutes me sont nécessaires pour me faire un passage dans cette jungle amazonienne. Je rejoins Arnaud après un long single descendant. Il m’informe que Max a poursuivi son chemin afin de ne pas faire attendre son papounet à l’arrivée. Le must se présente à nous.
Une longue descente avec roche, pierres, et virages. Une descente à donner la banane aux enduristes et le concombre à un Choco. Arnaud dévale. La pente n’étant pas trop prononcée au début je reste sur le bike. Arrivant à maîtriser ma vitesse je poursuis allant jusqu’à bloquer la roue arrière pour prendre les virages. L’inclinaison s’accentue de plus en plus. Je me fais deux belles frayeurs mais arrive en bas sur le Pivot. Arnaud est tout sourire en me contant une perte de trajectoire rattrapée.
Le 1er ravito au 17èmekm est le bienvenu. Nous repartons par un chemin de plaine. Un peu plus loin le dérailleur d’Arnaud fait un bruit (à rendre jaloux notre président) à chaque passage de vitesse. La chape resserrée nous montons par un goudron. 2èmegrand moment de ce 60 : une montée interminable à 9% sur un sol rocho-boueux durant 3km. Que de souffrance mais que de bonheur d’avoir atteint l’objectif. Les jambes sont lourdes. Les montées et descentes nous menant au 2ème ravito placé au 40ème km ne favorisent pas la récupération. Comme la tradition le veut les organisateurs nous affirment que la suite du parcours est assez plate. Mais bien sûr ! 3km plus loin nouvelle montée interminable. Les rares moments de roulant se font avec un vent de face à 35Km/H. Nous ramons comme dans une barque du marais Poidevin.
Au 3ème ravito Arnaud se rend au stand technique pour rehuiler sa chaîne. Le soleil disparu nous remettons les gamex. Les 9 derniers Km se font au moral. Dans la dernière longue ascension nous avons la sensation d’être tout à droite. Nous apercevons la prairie et franchissons la tonnelle d’arrivée. Après le lavage des bikes nous courons (ou plutôt nous tentons de courir) vers le pain saucisse. Nous prenons la route du retour fatigués mais heureux avec 58.7 Km, 1672 de D+ et une moyenne de 13km/H au Mio. Rendez-vous est déjà pris pour la 18ème édition.

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