Bicher comme une anguille remise à l’eau

Petit comité pour affronter les chemins de la rando de Mogues ce dimanche 8 septembre. Notre vénéré président est parti faire rougir son spad sous le soleil des pistes azuréennes, notre vertébré secrétaire à la conquête de son ossature dorsale en Semois, notre besogneux trésorier à la foire rappeler que le meilleur investissement reste les boyards dans la ville de Turenne, notre diplômé de mai Stéphane prouver au chef lieu marnais (je cite) « que l’agriculture plus verte peut se faire sans contraintes supplémentaires», notre aventureux Philippe se jouer de la terre picarde.

5 minutes avant que mon réveil se mette à jouer de sa plus belle mélodie, je suis réveillé à 5H55 par la résonnance de la pluie. Les sites météo confirment ce temps à mettre une gargouille dehors. J’implore alors Saint-Roger : « Oh Saint-Roro, Oh fontaine Saint-Roro rappelle-toi que les raidars ne se mouillent que de ton eau. Permets-nous de t’être fidèle. Au nom de Fred, de Yann et de Seb ainsi se sont-ils».

6H55 j’embarque Arnaud et son BH avant de rejoindre la zone commerciale de Villers Semeuse pour récupérer Christophe, un ami se mettant au VTT. Il me rappelle rapidement mes promesses : 40 km roulants avec un faible D+ (surtout quand c’est plat) sous un ciel ensoleillé (mensonge pédagogique pour le motiver). Du tac au tac je lui rétorque que j’ai prié Sain-Roger au risque  d’être qualifié de grenouille de réservoir.

Nous sommes les premiers à nous inscrire à 7H45 et fixons nos plaques. Les premiers tours de roue se font sous la pluie et les regards ironiques de mes 2 comparses. 5 minutes plus tard plus une goutte. Oh miracle ! Je biche comme une anguille remise à l’eau après être passée entre les mains de Maïté, tout en envoyant des ironiques « alors on ne croit toujours pas à Saint-Roger des Raidars ». Quelques centaines de mètres plus loin, une bosse rallie rapidement l’ensemble du trio. Son tapis en superficie bien gras recouvre un sol dur et humide. Nous serons obligés de pousser nos bikes faute d’adhérence sur quelques longueurs. Arrivés en haut, les chemins deviennent roulants. Arnaud imprime son rythme. Malgré les 26Km/H que m’indique mon compteur, Christophe reste collé à sa roue et moi aussi. Dans une belle ligne droite en sous bois, l’organisation a déposé un photographe et nous voilà flasher sans que la photo ne nous valle de 45 à 90€. Au 9ème km se présente une nouvelle montée longue de 500 mètres. Une montée sauce Raid c’est-à-dire que plus nous progressons plus le pourcentage augmente et plus les jambes font mal. Au 1er tiers, je perds l’adhérence sur une partie grasse et reste sur place à mouliner avec Christophe qui me suivait en toute confiance. Motivés, nous changeons d’ornière et retour sur la selle. Chacun est bien heureux d’arriver au sommet d’autant plus que le 1er ravitaillement nous attend. L’accueil est sympathique et conviviale. Le contenu est assez restreint mais l’essentiel à disposition (eau/sirop, banane, pomme, gâteaux). N’oublions pas que l’inscription n’est que de 3 € avec une boisson offerte à l’arrivée. Après un bavardage avec le couple en poste nous reprenons la trace par des chemins agricoles sur plusieurs km. Ces derniers ne sont aucunement techniques. Nous en profitons pour mettre les watts sous la dominance d’Arnaud (oui celui qui avouait au départ qu’il avait les cuisses cramées suite à 30Km de roller samedi ! Heureusement sinon il bouclait la trace en 2 heures). Les descentes permettent la récupération et les longues grimpettes sur des pistes caillouteuses mettent à rude épreuve nos cuisseaux. Je commence à lâcher une centaine de mètre alors que le jeune (dans le sens nouveau venu à la bicyclette tout terrain et non par l’âge) Christophe s’accroche sans peine apparente au Lynx.

Au second ravitaillement restent 11km. Nous sommes informés que nous allons croiser des randonneurs évoluant sur les 2 pieds. Nous en rencontrons une bonne quinzaine. Les salutations d’usage sont cordiales et souvent accompagnées d’un joli sourire féminin. Nous entrons dans les bois. Durant 6km la trace est digne d’un VTTiste averti. Notre vitesse moyenne de 15,6Km/H jusque là baissera à 14,3 après ces passages. Christophe en profite pour nous gratifier à son plus grand plaisir de figures de style sur un dévers gras sans quitter à un seul instant ses pédales ni sa selle. Une descente raide pimente la suite avant de nous faire rejoindre un long single sur lequel chacun se régale. Arrive le must de la matinée. (Roulements de tambour). Un coup de cul de 250M avec une partie à 22%. J’envoie tout à gauche est c’est parti. Dès les 1ers mètres les jambes brulent. Je m’accroche en me persuadant qu’une entrecôte m’attend en haut. Au beau milieu, je mets le pied à terre de crainte de ne plus avoir assez de force pour franchir 2 mètres de terre meuble (merci les taupes !). Arnaud et Christophe me rejoignent … à pied. Faute de candidat, il faut bien que je défende les couleurs du RAID et me hisse à nouveau courageusement sur le bike les taupinières passées. La souffrance est telle que la chaudière asthmatiforme se trouve dans une incapacité totale à émettre le moindre son. Mais que la victoire est belle sous les encouragements de mes 2 compagnons de chemin. Christophe en profite pour me préciser qu’il manque de souffle dans ce type d’obstacle. Excuse-bidon.com : un non-fumeur sportif de 38 ans ne peut la faire à un homme de 49 printemps (dont 30 d’activité canapé) tournant à 25 cloppes quotidiennes.

Après la traversée touristique d’un magnifique village, nous terminons les derniers kilomètres sous le soleil. A l’arrivée, nos jambes nous rappellent les efforts et le train mené. Direction le bikewash. Nous revêtons une tenue propre les 40Km nous ayant enduit d’un liquide jaunâtre-brun des pieds à la tête (ça faisait longtemps !). Nous prenons une des boissons offertes. Arnaud me dote gracieusement d’un croque monsieur et une gaufre pour Christophe.

Un 40 qui fait 40 (39.930 précisément) 730 D+ en 2H45 pour un moyenne de 14.5. un fléchage impécable et des organisateurs sympathiques

NB : le récit ne peut préciser si Christophe ira se prosterner devant Saint-Roger.

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