Terre de Légendes entre raidars

Trois années s’étaient écoulées depuis la dernière épopée en itinérance des Raidars sur les terres argonnaises meurtries par les guerres. Sept depuis la mythique et mystique randonnée sur les chemins de St Jacques de Compostelle. Il faut bien le dire : ces derniers temps les chemins des raidars s’était un peu éloignés. Des sous-groupes s’étaient formés, certains avaient un peu levé le pied, d’autres (dont je fais partie) avait carrément décroché, et quelques-uns étaient empêchés par des soucis de santé. Il fallait bien une épreuve fédératrice (200Km et 3000mD+) et un retour aux racines profondément ardennaises de notre culture pour faire renaitre l’esprit du ‘Raid Ardennes VTT Monster Gravel Engagé De La Mort Qui Tue’. Prouesse accomplie par Le Président, la Première Dame et le comité de préparation que je me garderai bien d’essayer de lister par crainte d’oublier des noms.

Neuf Raidars avaient répondu à l’appel de l’aventure : Alexis et Baptiste en vélos à gros pneus, Catherine, Thierry, Choco, Guitou et moi en Gravel, Figaro et Spad en bestiole hybride qu’on ne saurait classer. Nous étions également accompagnés par un jeune padawan, Mathis, 21 ans, qu’on surnommera ‘El Chevreuil’ s’il revient rouler avec nous un jour.

Le samedi 29 mai 2026, dans la cour de l’ancienne école de Flize, le carillon sonne 8h et nous écoutons le briefing du chef au garde-à-vous, le petit doigt sur l’absence de couture du cuissard (sinon ça fait des marques). Sur un ton solennel Laurent nous dit : « On est là pour prendre du plaisir. On roule ensemble. On part à 10 on arrive à 10 ! ». Il précise également qu’en cas de besoin, il est possible de s’arrêter dans une boulangerie ou en terrasse pour boire une bière. Ce sont ces derniers mots qui me décident finalement à enfourcher ma monture et mettent un terme à des semaines d’hésitation. J’avais même fini par contaminer Baptiste avec mes doutes.
Nous donnons le premier coup de pédale sous un soleil radieux, encouragés par le piaillement d’un ballet d’hirondelles. La première boucle est assez courte je trouve car – après avoir fait le tour du parking – on revient au point de départ par l’arrière de l’école. Pas de ravito… Donc on continue et on s’élance au travers de la verte campagne. Zyril, qui manquait à l’appel au départ car il n’avait pas été avisé du changement d’horaire, nous rejoint à la vitesse de l’éclair (c’est pour cela que son prénom commence par un Z) quand nous traversons Nouvion. On trace jusqu’au château du Faucon en peloton serré de 10 vrais…Le papa du Chevreuil nous ayant exceptionnellement ouvert les portes du lieu, nous pouvons profiter de la beauté printanière de son parc arboré. Nous poursuivons jusqu’à la forge Gendarme qui n’a rien à voir avec la maréchaussée mais porte le nom de l’un des pères de la métallurgie ardennaise. Guitou nous indique que la rivière qu’on longe s’appelle la Vrigne. Puis après l’arbre elle s’appelle la Vrigne. Et quand on redescend le vallon par la rive droite, elle s’appelle toujours la Vrigne.
La TDL nous emmène ensuite vers Rumel en direction de la partie la plus pentue du département. Nous grimpons à travers bois, par des chemins caillouteux et boueux, jusqu’au village où coule la Goutelle, non loin de Pussemange où j’avais fait la connaissance du club en 2013. Ce jour-là, comme j’avais réussi à faire fumer les plaquettes de freins dans une descente, ils avaient décidé de me garder. Un petit détour par le cimetière de Gespunsart permet de nous ravitailler en eau car les températures commencent à s’élever gentiment.
Après avoir franchi quelques ruisseaux chantants, esquivé quelques racines fourbes et gravi de belles pentes nous redescendons gaiment dans la belle vallée de la Semois, à Hautes-Rivières, où l’on entend encore battre au loin les derniers marteaux pilons. A l’occasion d’une courte pause j’entreprends sur mon vélo quelques réglages posturaux sur le cintre et les cocottes qui – à dires d’experts – seraient trop relevées et trop rentrées. Je l’ai fait pour leur faire plaisir et, coïncidence ou pas, mes douleurs aux poignets ont disparu.
De la vallée nous grimpons au Champ Bernard puis rejoignons le Roc Latour pour la pause méridienne. La Première Dame nous y attend avec la Safety Car. Zyil doit malheureusement nous quitter car il est en pleine recherche de compris familio-socio-professionello-sportif. Il y a sur les lieux de nombreux promeneurs et un groupe de Vététistes belges équipés pour la DH. Les Raidars engloutissent des sandwichs à la cochonaille et sifflent cul sec de grandes pintes de menthe à l’eau pour se réhydrater. Nota : Un peu plus tard dans la rando, alors que nous nous faisons cramer par un groupe de vélos de route qui tartinent, Laurent déclarera « Nous, c’est surtout le pâté qu’on tartine !».
Arnaud Le Convalescent passe nous faire un petit coucou accompagné de sa nouvelle compagne qui me semble bien trop jeune pour lui mais bref apparemment il n’y a que moi que ça choque… Point de sieste après ses victuailles, même si la digestion et l’ombre sous les chênes s’y prêtaient merveilleusement bien. Nous reprenons la route, la trace, le chemin sur la Terre des Légendes.

A flanc de coteaux nous filons vers le Tchar Scaille sur les hauteurs de Thilay où Hirsute le chien nous salue. C’est Catherine qui m’a dit son prénom, parce qu’elle parle avec tous les animaux, sauf avec les chameaux. La troupe pique à gauche pour descendre dans le ravin de l’Ours. C’est un lieu de quiétude interdit par le PNR pour le passage des vélos … mais qui tolère assez bien les processions d’une centaine de troubadours avec tambourins, à condition d’y accomplir uniquement la danse de l’ours… Logique, c’est écrit dans le titre. Il ne s’appelle pas « ravin du Gravel » non plus.

Par le pittoresque village de Linchamp (qui accueillait par le passé une sorte de solderie, bien avant les Noz et Action), nous attaquons courageusement l’ascension vers la Croix Scaille, par cette &#@%! de chemin de F@*#! de la Papeterie de ses morts qui nous casse les #$*£@&# en plein cagnard !!! Deux pauses fraicheur sont nécessaires pour arriver en haut. Figaro nous explique brièvement comment le réanimer si jamais il fait un malaise. C’est une sorte de tube de colle UHU qu’il faut frapper pour qu’il s’allume et qui diffuse un parfum de vanille ou un truc comme ça. Je vous redis tout ça de tête… Une fois en haut (504m), certains trouvent qu’on n’est pas encore assez hauts et ils gravissent les 150 marches en colimaçon de la tour du millénaire pour profiter d’un panorama à couper souffle ! La forêt ardennaise à perte de vue. La forêt partout ! C’est l’occasion de rappeler que chez les gallo-romains Arduinna (qui a donné son nom à la déesse, au département, aux ardoises et à la bière) signifiait « hauteur boisée ». Donc on ne peut pas être plus au cœur de l’Ardennes que quand on est à la croix-scaille. Je m’étends quelques instants dans l’herbe pour récupérer. Choco prend l’initiative de mes clapoter les mollets (une forme de généreux massage de récupération je pense) ce qui me provoque des crampes. Quand t’as des amis comme ça, tu n’as pas besoin d’ennemis. Après avoir acheté quelques précieux décilitres d’eau à la boutique de souvenirs nous reprenons notre périple en direction d’Hargnies. La descente se fait à travers bois, sur de petits chemins joueurs où L’Chevreuil s’en donne à cœur joie.

Après quelques cabrages et sauts de cabris, un Nuton facétieux lui fait un croche-patte et le pauvre Mathis chute lourdement sous mes yeux. Sa tête n’est pas touchée, mais son pied droit est coincé entre les rayons et la fourche. Il hurle de douleur. Catherine manque de tourner de l’œil en voyant la scène. Nous parvenons, au prix d’efforts considérables, à lui niquer totalement sa jante carbone pour le libérer. Nous sommes maintenant face à un dilemme : devons-nous vraiment appeler les secours sachant qu’il n’a même pas encore réglé sa cotisation ?? Finalement on décide que oui et c’est Batiste qui remonte le chemin jusqu’à la route pour appeler les pompiers avec Laurent. Pendant les longues minutes d’attente, nous avons tout le loisir de faire un concours de pronostiques médicaux : Fracture ? Entorse ? Une phlébite ? La pécolle ? Le dentu ? …Tout faux ! Le Professeur Chocolat s’avance et réalise un check up complet sans demander la carte vitale : radio, écho, IRM, NFS, Chimi, Iono juste en regardant Mathis dans le blanc de l’œil ! Le verdict tombe : c’est une compression ! Il faudra près de 10h à la médecine traditionnelle et à l’hôpital de Manchester pour confirmer le diagnostic du Pr Chocolat. Déjà refroidis par l’accident de Mathis nous apprenons par les réseaux sociaux que l’un des vététistes du groupe de DH que nous avons croisés le midi a fait une grave chute et a été héliporté. L’instant est grave. Fort heureusement l’équipe garde son moral d’acier et sa lucidité. On a même la présence d’esprit de se répartir la dotation syndicale de 3 bières de Mathis pour éviter tout gaspillage ce soir. Les pompiers de Haybes et leur pickup rutilant arrivent enfin et ils emportent notre infortuné compagnon et son vélo en kit. El Chevreuil pousse un dernier cri de douleur en grimpant à bord ! Un pompier lui a-t-il marché sur le pied ? Non, juste des crampes.

La horde se remet en selles et Laurent nous invite à aller découvrir une curiosité locale nichée au cœur de la forêt : Le Pain Bagnat. Je salive d’avance en pensant au pain croustillant, aux œufs durs et à la garniture de tomate-thon-mayo…Mais il s’avère que nous avions mal entendu (club de vieux…) puisque c’est le PAS BAYARD que nous découvrons. C’est l’empreinte d’un sabot du cheval Bayard (qui d’un crottin fonda la ville de Revin) laissée dans la roche. Pour les plus férus de géologie et ceux qui ont eu la flemme de lire la pancarte explicative, il s’agit en fait d’un ancien site d’extraction de blocs de roche. L’arkose quartzeuse de Haybes, réputée pour sa dureté, était utilisée pour fabriquer des meules. Le pas de Bayart est en fait une ébauche de carottage inachevé qui allait devenir le trou central de la meule. C’est alors que je reçois un appel du traiteur qui me demande à quelle heure il nous livre les 150 portions de boulettes/pâtes et les 20 gâteaux mollets… Suite au devis qu’il avait établi il y a 3 mois et pour lequel nous n’avions pas donné suite. Il semblerait qu’il y ai eu un léger malentendu…

Plus ou moins remis de toutes ces émotions, nous poursuivons la rando vers la prochaine étape promise par Laurent : l’Arrêt d’Urgence de Hargnies ! Je suis un peu vexé de ne pas connaître toutes ces curiosités de mon terroir. Mais là encore, problème d’audition ou attrape touristes je ne sais pas, au lieu de trouver un énorme bouton rouge qui permettrait d’éteindre tout le village d’Hargnies, on tombe en fait la RESURGENCE d’une source ferrugineuse. Nous y réalisons quelques ablutions rafraichissantes et rejoignons le village pour boire 7 cocas, 1 menthe à l’eau et 1 perrier sur la place de Launet. Un philosophe local trouve l’inspiration dans la mousse de son Orval et rappelle à Guitou que sans la Semois, la Meuse ne serait rien. Le temps est orageux, la chaleur écrasante. Il fait tellement chaud que Choco crache en poudre. Mais il nous faut pédaler encore pour nous hisser sur la colline qui surplombe Fépin, là où je ramassais des myrtilles et des girolles avec mon père au temps jadis.
Cette ascension finale du jour 1 nous donne accès au chemin forestier, frais et ombragé, qui redescend dans la vallée de la Meuse en longeant un ruisseau. La Cigogne noire, rare et farouche, celle-là même qui nous avait fait réviser tant de fois le tracé pour éviter les zones de quiétude, cette cigogne s’envole majestueusement devant Choco et nous salue avant de disparaître. Dans un dernier virage et tend la plume centrale de son aile droite dans un geste qui signifie : « Tiens, hop, dans ton cul ! » Nous sortons du bois et débouchons au beau milieu du Domaine du Risdoux, ancien site industriel précoce (moulin, tannerie) qui fut un temps l’une des résidences secondaires du roi de Belgique.
Nous voilà sur la voie verte, à quelques mètres du bol de sangria. Nous rejoignons tranquillement le site de notre nuitée. Je garde un œil rivé sur le compteur pour capturer l’instant où la barre des 100 Km sera franchie. C’était la première fois pour moi. Ce cap symbolique est atteint tout juste à l’entrée du Domaine de Moraypré, qui est aussi un ancien site industriel (on a toujours été des vaillants dans la vallée !). Cath’ nous y attend avec des bières fraiches. Aurore alias « La Grande » nous y rejoint pour le diner. Le premier réflexe de certains et de se rafraichir les arpions et le croupion dans les eux vives du ruisseau de la fontaine aux Bairons. Ce dernier terme désigne en patois ardennais les castors. Animal solide et robuste capable de stopper un vététiste lancer à pleine allure, presque aussi dangereux que des fils barbelés. Après quelques Leffes et un appel à M’man, nous effectuons avec Cath’ la visite des lieux pour prendre possession des chambres. Le bâtiment est resté dans son jus. On ne sait pas trop de quelle époque mais tout est d’origine c’est sûr. Le Domaine est totalement vide, isolé, à l’orée des bois. Ça lui donne un petit air de Notre Dame de Betharame. Je m’inquiète alors pour mon demi-frère de bungalow qui – avec sa barbe de 3 jours et l’anneau de romanichel qu’il arbore à l’oreille gauche – a l’air d’un vagabond. Il risque de se faire punir.
A la tombée de la nuit, on se met un peu à l’écart, on se rassemble en cercle autour d’un feu et on tripote la saucisse des autres. C’était bizarre. Puis on passe à table pour reprendre des forces et se désaltérer avec du Cabernet d’Anjou (feu !). Laurent organise une projection VIP du court métrage de Clémence Vandergheynst, très joliment réalisé, qui traite du voyage intérieur que permet l’itinérance. Nous nous couchons les yeux qui brillent, de fatigue et d’émotion car son compagnon de voyage a perdu la vie aujourd’hui dans un accident de vélo.
Il y a quelques chambres de 2 et des chambrées de 6. Les lits sont adaptés à la taille d’un enfant et mon sommier en ressorts Volvo Truck se déforme sous mon poids. Je « dors » donc en diagonal, comme dans un hamac. Choco B ronfle et se lève pour aller pisser deux fois dans la nuit. Je fais un bruit de dingue avec mon sommier à chaque fois que je bouge, c’est-à-dire environ 150 fois dans la nuit. L’orage éclate. Malgré tout cela, Alexis ne s’est pas plaint le matin au réveil. Un grand gentleman.

Jour 2 : Dimanche 30 mai 2026

Bien qu’agitée la nuit a quand même été réparatrice. On petit-déjeune rapidement et on se prépare physiquement, techniquement et psychologiquement pour la suite. Une belle salamandre noire et jaune fait sa star devant le local à vélos. A 8h on est repartis pour arpenter l’autre partie du département. Celle où il y a moins d’ombre… Fort heureusement avec les pluies nocturnes tout s’est rafraichi et le ciel s’est voilé de gris. On commence par remonter la vallée du Mohron en passant à côté du Moulin Labotte (assez bon restaurant sur le site d’un ancien moulin à tan) et on aperçoit l’entrée des ardoisières St Martin et du Fond d’Oury. Le ruisseau se prend pour un torrent après les grosses averses. La trace tourne ensuite à droite sur la départementale pendant quelques centaines de mètres à peine. Choco précise, à juste titre, qu’en Gravel il ne faut pas totalement s’interdire de faire un peu de route de temps en temps. Par un joli petit single l’équipe rejoint le point de vue de La Platale qui nous offre une vue d’ensemble sur le méandre de Fumay. Nous apercevons au loin de la brume s’élever au-dessus du bois du Charnois. L’Ecureuil, qui n’est pas là parce qu’il a petitslippé, nous aurait dit que c’est le renard qui fait sa soupe. Mais comme il est tôt, Thierry nous dit que le renard fait son café.

On prend l’ancienne voie romaine sur la crête (elle nous fait passer à proximité d’un restaurant où je suis désormais black listé…) jusqu’au lotissement Belle Rose où j’envoie un petit selfie devant la maison de mes parents pour la fête des mamans. La Meuse est franchie à 8h47 et nous nous engageons sur les quais de Fumay qui datent du 17ème. Guitou, en mode ‘gendre idéal’, passe une tête chez belle maman pour la saluer. Nous traversons les vieux quartiers de la ville et traversons la RN51 pour remontée la vallée de l’Alyse en passant par la chapelle de Divermonts. Sur la colline à droite, qui marque dans le paysage la frontière avec la Belgique, se dresse les vestiges de l’ardoisière St Anne, l’une des plus ancienne et des plus importantes. Dans le virage avant le Trou du Diable nous empruntons la route stratégique qui permet une longue et progressive ascension sur le plateau de Rocroi. Les Km et le D+ s’accumulent petit à petit. C’est alors que Baptiste nous révèle une invraisemblable particularité anatomique : il a les pattes montées à l’envers ! C’est-à-dire qu’il a les adducteurs à l’arrière des cuisses et les ischios sous les couilles ! Et cela le fait souffrir dans cette épreuve d’endurance. Nouvelle petite étude posturale du groupe qui lui recommande d’abaisser sa selle de 7,2728762 mm environ. S’en suit un débat métaphysique lancé par Choco sur la relativité : Est-ce la selle qui était trop haute ou Baptiste qui est trop petit ?

Une fois arrivés sur le plateau, nous jardinons un peu en cherchant notre piste et nous nous engageons sur des chemins pleins d’ornières et de boue. Ça c’est pas Gravel. A l’heure du brunch, la troupe de sangliers casqués et crotteux prend d’assaut un ALDI pour y faire le plein en carburants de tous genres. Certains tournent au coca, d’autres à la fraise tagada (un sac de 35 kg parce qu’en mai c’est la pleine saison), moi à la pizza. Le tour des remparts nous permet d’admirer les ouvrages défensifs en étoile du Roc du Roy (Rocroy). On fonce sur Bourg-Fidèle par un loooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooong chemin en pierres bleues où j’ai l’impression de perdre toutes mes forces. Je mets ce coup de mou sur le compte de la digestion de la pizza, mais quelques kilomètres plus loin je m’aperçois que ma roue arrière est totalement dégonflée. On s’arrête en plein milieu du chemin pour réparer et c’est reparti vers Rimogne (pays des ivrognes, selon le dictons populaire).

Cap sur le lac ! Les veilles forges c’était notre point d’arrivée en 2019 sur les chemins de St Jacques, mais cette fois ce n’est qu’une étape et il reste quelques kilomètres et de bien belles grimpettes. La base de loisir est très animée en ce dimanche car le site accueille une compétition d’aviron d’ampleur régionale. Il y a tellement de monde qu’on se croirait sur la côte d’azur, avec un soleil timide. La file d’attente à la friterie sur la plage nous décourage et c’est sur le petit restaurant du camping qu’on plante le camp pour déguster quelques frittes et de généreux Durums. Un café, un rototo, une fraise tagada, toujours pas de sieste… et c’est reparti ! On longe le lac côté Nord sur un chemin bien roulant qui nous fournit des Km gratuits et on grimpe au château de Montcornet. Sa construction a débuté il y a presque 1000 ans et il n’est manifestement toujours pas terminé. Les problèmes de recrutement dans le BTP c’est quand même terrible.

La trace de la TDL se poursuit en direction du Sud-Ouest vers Lonny que nous atteignons après une longue descente par l’Epinette dans un chemin pierreux. La seconde crevaison me fait alors réaliser que je ne peux plus descendre à toutes berzingues avec mon quintal comme je le faisais sur le GT. Le Willier est bien plus fragile. Le cadre porte d’ailleurs un prénom féminin (Jenna). C’est une vélotte femelle en fait ! Agacé par le fait de retarder l’équipe une nouvelle fois je retourne ma belle vélotte un peu brusquement et je me mets un bon coup de pédale sur la pommette. Tant de poisse sur ces deux jours pour El Chevreuil et moi ! Mais que se passe-t-il !? C’est là que je me souviens que nous avons commis tous le deux la même erreur, samedi midi, au Roc Latour : Nous avons regardé Arnaud « Black Cat » dans l’œil gauche…
Après une réparation flash éclair menée de mains de maître par Thierry et sa pompinette nucléaire nous repartons avec entrain pour la prochaine étape : le dolmen de la Ganguille situé au-dessus de Giraumont. Là encore, la vue sur la vallée de l’Audry est magnifique. Le vent se lève et nous essuyons quelques gouttes rafraichissantes. Une photo, une fraise et on enchaine. La fin de la TDL ressemble à des montages russes où l’on alterne 4 ou 5 fois de suite de grosses ascensions et des descentes. Ça nous scie les pattes !!! Surtout Baptiste, à cause de son infirmité physique, mais il tient bon et il a beaucoup de mérite. Tout comme Catherine d’ailleurs qui a suivi de manière admirable, sans beaucoup de pauses puisqu’on repartait quelques secondes après qu’elle ait raccroché le groupe. Au moment du dernier plein en eau, à This je crois, je commets une erreur tactique : Je me dis qu’il n’est pas nécessaire de remettre de la poudre magique Decathlon (sucre et sels minéraux) dans la gourde puisqu’il ne nous reste qu’une vingtaine de kilomètres…Grossière erreur ! Il restait l’INTERMINABLE montée des carrières de Boulzicourt. La 34ème montée sur les deux jours (et 34 ne n’est pas une image). Celle-là, franchement, si on l’avait coupée ça n’aurait pas été dommage, mais personne n’a voulu renoncer. Parce qu’elle était PREVUE ! C’est ça l’esprit du Raid. Je suis contraint de mettre le pied à terre deux fois pour manger un truc afin de réussir à arriver en haut avec les jambes qui flageolent ; Puis nous redescendons à travers bois et rejoignons Flize par le chemin noir habituel où Ziril nous photographie.
Cette fois c’est fait ! La TDL c’est dans la boite. 200K3000D c’est le nom de code de cette aventure extraordinaire. On est partis à 10 et on est arrivés à 10 : Catherine, Thierry, Spad, Alexis, Choco, Guitou, Figaro, Baptiste, Reynald et….l’esprit du Raid ressuscité !

L’Ecureuil, Philippe Texas Ranger, Zyril, Yannick « Crazy Frog », Florian, Yann et tous les autres… Viendez rouler avec nous. On est toujours aussi cons 😉

RAID Ardennes VTT
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