Les chemins de l’Histoire

Pendant que Cyril et Samy se faisaient une sortie entre hockeyeurs, nous nous sommes retrouvés en ce dimanche de la Saint-Castor à six pour une sortie un peu plus empreinte d’histoire que d’habitude. Certains me diront que ce n’est pas la Saint-Castor mais la Saint-Gontran, je répondrai trois choses : Premièrement Gontran, petit-fils de Clovis, n’est pas un saint des plus recommandable puisque, entre autres choses, il répudia sa femme et tua son médecin,  deuxièmement ceux qui suivent mes aventures connaîtront mon adulation pour les bêtes à queue plate  et troisièmement quitte à avoir un prénom à la con autant s’appeler Castor que Gontran. Et puis comme c’est moi qui raconte notre sortie je choisis le saint qui me sied. Finalement mon coté bobo préfère comme dicton  » Pour sauver un arbre, manger un castor !  » plutôt que ce dicton que je dédie néanmoins à mon écureuil préféré :  » S’il gèle à la Saint-Gontran, le blé ne deviendra pas grand.  » Nous étions donc Cacal, Claude, Garance, Guitou, Yann et moi.
Avec le changement d’heure j’avais choisi un départ un peu plus tardif que d’habitude pour être sûr que personne n’ait de problème de réveil. Qui dit départ retardé ne dit pas forcément parcours plus court…

Fait divers : Agression caractérisée d’une roue CEC par un pavé sedanais

Nous démarrons donc par l’ascension de la côte de Dom avant de rejoindre la voie verte n’oubliant pas au passage de nous descendre les escaliers du cimetière. L’allure va bon train sur le noir ruban longeant le fleuve ardennais. Nous ne sommes pas habitués à autant de facilité. Bien évidement cela ne va pas durer car j’ai mis au programme le Mont Piot, aussi connu sous le nom de Croix Piot. En 1864, une croix vermoulue fût détruite au sommet du mont, pour être remplacée un peu plus loin par une croix qui devint lieu de pèlerinage. Aujourd’hui, ce pèlerinage est plus que délaissé, seuls quelques enfants de Donchery n’ont pas perdu l’habitude d’aller au Mont Piot le troisième dimanche de carême pour y manger des œufs. Contrairement aux idées reçues la Croix-Piot n’est pas au niveau du point de vue (qui a déjà vu une croix à cet enroit ?) mais proche des maisons construites tout au sommet de la bosse dans une propriété privée.
Nous grimpons de concert jusqu’à la ferme de Moscou avant que nous tentions chacun notre chance dans la partie caillouteuse. Cacal part devant aidé par les 90Nm de son assistance. Je prends sa suite de loin avant de perdre la direction dans le talus obligeant Claude à poser pieds à terre. Derrière, les cailloux ont raison de mes camarades. Même Cacal finira à pieds. Arrivés au sommet, nous devons franchir une barrière qui obstrue totalement le chemin. Même un piéton a du mal à passer ! Riche idée pour un chemin de randonnée. Mais cette barrière n’est pas notre seule surprise en arrivant à la table d’orientation : Nous rencontrons un Reynald en balade avec quelques copains. Nous échangeons les salutations d’usage en période de pandémie : point de poignée de main, de chat-bite, léchage de museau ou autre marque d’affection. Nous discutons quelques instants mais rapidement reprenons notre chemin en direction de la chapelle Saint-Onésime puis de Cheveuges. Dans le lointain Guitou reconnaît le château du Rocan construit au XVIeme siècle par Raoul (y aurait-il un lien de cause à effet) de Coucy. Nous descendons vers le village de Cheveuges avant de remonter vers le bois de la Marfée. La côte est longue et nous finissons les derniers mètres sous les encouragements d’un groupe de randonneurs. Une fois au sommet, nous nous baladons sur les chemins sillonnant le plateau. Yann venu en vélo s’inquiète du nombre de côtes restant à gravir… En cette période de l’année il est très agréable de découvrir les arbres changeant de couleur à chaque sortie et d’entendre gazouiller les petits oiseaux. Nous continuons notre périple touristique vers le cimetière militaire. Nous posons nos vélos pour profiter des panneaux d’affichages expliquant les différentes batailles ayant eu lieu sur ce site en août 1870, août 1914 et mai 1940. Nous prenons également le temps d’étudier les tables d’orientation qui nous permettent de reconnaître quelques endroits où nous avons déjà posé nos crampons. Je ne saurais trop vous conseiller de découvrir cet endroit. Mais il nous reste encore du chemin à parcourir et nous devons rapidement nous remettre en route.

Nous contournons la nécropole allemande par l’arrière afin de rejoindre la route du col de la Marfée et passer cette fois devant cet édifice chargé de mémoire. Nous traversons le village avant d’entrer de nouveau dans la forêt. Par endroit le chemin est caillouteux. Le Chiru s’en amuse, parfois trop ! Au point de faire voler des pavés. Ma roue arrière s’en trouvera meurtrie mais pas au point de ralentir notre progression. Malgré quelques erreurs d’aiguillage je retrouve le chemin nous menant vers Fresnois. Passant près du centre équestre nous croissons trois cavalières, comme d’habitude c’est un grand moment de stress pour Guitou. Mais comme d’habitude également tout se passe bien.
Nous traversons le village de Fresnois quand nous croisons de nouveau Reynald, cette fois en train de boire un café le vélo déjà chargé sur son véhicule… Nous continuons en longeant le Bouc qui il y a quelques années déborda pour envahir les rues causant pour des milliers d’euros de dégâts dans ce quartier de Sedan. Nous empruntons le rond point de Bellevue puis passons devant le château du même nom. Propriété de Louis Amour, frère du maire de Donchery, ce château du XIXème siècle était l’endroit où, le 2 septembre 1870, l’Empereur devait attendre le roi Guillaume, mais Bismarck, craignant une sorte d’apitoiement de sa part, exigea que la capitulation soit signée avant son arrivée. Elle le fut à 11 heures en présence du Général de Wimpffen. Nous continuons sur la D29 jusqu’au rond-point de zone d’activité de Glaire. Nous traversons l’ancienne centrale électrique construite par les aciéries de Longwy en 1912 aujourd’hui dans un triste état. Les bâtiments sont éventrés, partiellement écroulés et le terrain sert depuis de nombreuses années de décharge sauvage. Par un petit escalier nous retrouvons la voie verte. Yann m’annonce, qu’avec Garance, ils vont regagner directement Charleville en restant sur la voie verte.
Nous les quittons donc à Donchery. Pour notre part nous rejoignons Vrigne-Meuse. Continuant notre périple touristique nous nous attardons quelques instants devant la stèle de la réconciliation ayant une pensée pour Augustin Trébuchon, dernier Poilu mort au combat à Vrigne-Meuse juste avant le cessez-le feu décidé par l’armistice du 11 novembre 1918. Un dernier effort nous attend avec la montée du champs Pourceau. Une fois au sommet il ne nous reste plus qu’à rejoindre Flize par les ballastières. Nous y croisons Seb, Bertrand et Maxence avec tout un groupe de vététistes qui comme nous en terminent avec leur séance de sport dominicale. Après quelques échanges nous terminons enfin cette belle balade de quarante-trois kilomètres pour un peu plus de sept-cents mètres de dénivelé positif au travers de l’histoire de ce coin des Ardennes.

2 thoughts on “Les chemins de l’Histoire

  1. Élian

    Super compte rendu
    A bientôt de me retrouver permis vous
    Depuis qq jours nouvel adhérent au club

    PS : juste étonné que vous ayez vu Reynald à cette heure avec un café

    1. Spaderman Post author

      Elian bienvenue dans la grande famille des raidars.
      Une grosse balade est prévue pour le premier dimanche de déconfinement.
      Tu vas recevoir tes codes d’accès au forum dans l’AM.

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