Un boulet peut en cacher un autre

Après trois semaines où ChocoBob avait pris la main sur la rédaction des compte-rendus de nos sorties je me devais de me fendre d’un bel article pour reprendre une bonne place dans le coeur de nos lecteurs.
Etant une nouvelle fois contraint par mon travail de ne pas m’éloigner de mon domicile, c’est avec un grand regret que je déclinais l’offre de Jean-Pierre de participer à la randonnée des Amis Donner à Etalle. J’envisageais plutot de rester entre Charleville et Sedan. Charleville ? Sedan ? Pourquoi ne pas rallier les deux comme le propose le Sprint Club Sedannais le 1er juin, surtout que j’en ai récupré la trace sur le net. J’informe mon acolyte de ChocoBob de mon intention. Pas de problème il est partant comme toujours quand il s’agit de se mettre dans une galère. Relier Charleville à Sedan sans se perde juste avec une trace GPS, sachant que sans lunettes notre vision de près s’apparente à celle d’une taupe atteinte de rétinopathie, relève de la plus grande utopie.
Un petit mail aux autres raidars. Mais peu sont partants pour une épopée entre les deux grandes cités du département. Seuls Reynald et Mika, qui répond par un « OK » laconique à mon mail sans savoir ni l’heure ni le lieu de départ de notre aventure. Je me fend d’un mail d’explication précisant que nous partons en train de Sedan à 8H04 pour rejoindre le chef-lieu du département et que le train ne l’attendra pas. Allez savoir pourquoi je précise cela…
Il est sept heures 50 quand nous tentons de nous acquitter de notre dime à la compagnie du rail. Nous nous rendons compte qu’il n’y a point de vendeur derrière l’hygiaphone nous faisant regretter les beuglements schizophréniques de Jean-Louis and co. Heureusement que Reynald a pensé à emporter madame Visa dans ses bagages car notre épopée aurait viré au court. Nous prenons trois billets car pas la moindre trace de Mika à l’horizon. Serait-il resté dans les bras de sa maitresse pendant que Cindy dort sur la banquette du salon ? Que nenni  il est sept heures cinquante-sept quand nous le voyons arriver. Reynald ajoute un ticket sur la facture pendant que nous chargeons les spads dans le train.
Le voyage se passe à discuter de cette nouvelle monture dont les roues n’ont pas encore foulées le moindre centimètre de terre. Dans cinquante kilomètres Mika sera enfin rassuré sur ce choix qui lui a valu de sacrifier son cochon en terre cuite.
Si le ciel était gris sur Sedan, le sol est trempé en arrivant à Charleville. Malgré cela, sans désemparer, nous enfourchons nos montures et nous voila partis dans les rues de la capitale ardennaise.
Parvenu au pied du plateau de Berthaucourt nous quittons la route pour attaquer une première ascension. C’est raide et plein de cailloux. Nous sommes content d’arriver en haut. De nouveau un bout de route pour redescendre vers le Vivier-Guyon. Cette fois nous tracons vers Aiglemont. Pour le moment aucune difficulté à suivre la trace GPS car le parcours est déjà balisé. Espèrons que cela dure. Le chemin que nous empruntons est très agréable. Nous avons l’impression de rouler sous la canopée. Il ne manque que le cri des singes même si le soufflement d’un ChocoBob peut parfois laisser penser que nous sommes dans une contrée peuplée d’animaux sauvages. Le parcours est roulant malgré quelques belles grimpettes.
Le passage pour rejoindre Gespunsart est superbe : plusieurs kilomètres de singles seulement interrompus par l’attaque d’un animal sauvage très répendu. Si le nom scientifique m’échappe l’appelation la plus commune est le gros con ardennais. Animal endémique de nos contrées, celui-ci a un esprit grégaire et quand il est en troupeau son comportement peut l’amener à utiliser sa 205 pour interdire le passage à proximité de sa tannière. Encore marqué par l’asaut de la bête sauvage, Reynald prend une méga-boite. Pendant quelques minutes nous pensons que notre périple va s’arrêter là. Mais l’hétitier des Coucy-Vervins est dur au mal. Le voila de nouveau en selle.
Après Gespunsart nous retrouvons du grand chemin les compteurs s’affolent. Notre rémi Julienne du jour rencontre quelques problèmes de dérailleur la patte ayant pris un coup. Quelques petites traversées de rivières permettent à ChocoBob et moi-même de démontrer notre gout prononcé pour les zones humides, alors que nos deux compères préferent emprunter les passerelles. Ce manque d’héroisme vaudra à Reynald sa seconde pelle du jour. Cette fois le genou est en sang. Mais tel le chevalier noir face au roi Arthur (pour les non-cinéphiles alez acheter le DVD de Sacré Graal des Monty Python) ces quelques égratignures ne le font pas renoncer à  sa quête.
Nous passons Bosséval. Les quelques hectomètres de goudron incitent Mika à tenté une sodomie sur Reynald qui peu ouvert à se genre de pratique, désarsonne le pervers de sa jeune et fougueuse monture. Malgré la beauté de la chute, ChocoBob ne souhaite pas qu’on l’inscrive dans les annales car elle a eu lieu sur l’asphalte.
La partie champêtre qui suit ne nous amuse guère. Heureusement nous rejoignons les bois de Fleigneux après Saint-Menges (avec un jeu de mot très pourri de Choco que je n’ose point relayer ici). Avec la forêt et ses  singles, nous retrouvons le plaisir du pilotage. Et de nouveau Reynald goute à la douleur du contact avec le sol… Nous emprutons quelques passages du Bannet avant de traverser Givonne pour nous retrouver au pied de la dernière et plus difficile ascension du parcours. Mika s’envole, ChocoBob me double alors que je cherche un second souffle et Reynald jette ses dernières forces dans la bataille. Parvenus au sommet il ne nous reste plus qu’à nous laisser glisser vers le chateau. Comme il se doit, nous pénétrons dans la cour par la porte des princes. Nous regagnons le parking de la gare afin de recuper les véhicules.

Conclusion : Si vous voulez faire une sortie épique mais que vous n’avez pas Arnaud sous la main n’hésitez pas à emmener Reynald vous aurez également le droit à des chutes, blessures et problèmes matériels…

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