Le plat pays qui est le sien

Si quelques-uns ont trouvé les prétextes les plus fallacieux afin de ne pas venir visiter le plat pays qui est le sien, celui de Stéphane, une dizaine de Raidars était présent afin de rendre un hommage appuyé à notre presque marnais. Si depuis trois semaines l’écureuil spermophile mouillait le maillot afin de nous préparer un parcours digne de ce nom dans un pays dont les dénivelés sont à la montagne ce que Jane Birkin est à Fernando Botero, je sentais depuis quelques jours qu’une grande absence allait se faire sentir : la pluie. En effet j’avais eu beau scruté les sites météo depuis plusieurs jours pas une goutte au programme.
Pour nous consoler notre agriculteur à poil long avait préparé une collation à base de café et de brioche afin d’arrondir la nôtre…
C’est la bedaine arrondie que nous attaquons notre périple. Un petit bout de route et nous rejoignons celui qui va être notre fil d’Ariane pour la journée, j’ai nommé le canal. Nous croisons quelques pauvres hères, pas des cerfs, mais des vététistes déambulant hagards à la recherche du single perdu. Ici le single est sournois, il se terre au fond d’un champ ou derrière un bosquet. Une seule méthode pour le dénicher, suivre les traces du renard dans la neige, ce qui, malgré la saison, n’est pas toujours facile pour le néophyte.
Nous voilà dans le bois, enfin dans un bosquet, mais quel bosquet : des branches de partout, du terrain meuble, des arbres en travers et du single en veux-tu en voilà. Pas toujours facile de grimper sur le spad mais ici il faut mériter sa jouissance. Si la plupart a la banane quelques-uns fulminent sous prétexte qu’ils vont devoir acheter des chaussures neuves ayant usé les semelles. Michael nous rejoue la partition de Pourru-aux-Bois s’intitulant j’ai les plaquettes qui frottent et le ressort qui danse la lambada.
Nous quittons le fourré pour retrouver le canal et des chemins plus roulants en direction du bois des ternes. Lors de la traversée nous croisons de nouveau quelques vététistes. Direction l’autoroute et la ferme de la Servelle ; Guitou en profite pour faire le plein. Nous voilà dans le bois au-dessus de ce que les indigènes appellent le tunnel, mais ce que les générations futures retiendront comme l’endroit où ChocoBob avait des cicer arietinum au fond du cuissard. Stéphane nous donne quelques conseils afin d’éviter tout incident dans la portion qui s’en suit et qui s’avère périlleuse. Même si les descentes sont violentes, chacun assure. Nous voilà au pied d’une immense descente. Jean-Jacques et Aubin nous attendent avec un ravitaillement de premier ordre. Mais si notre boisson favorite est présente, pas la moindre trace de pain d’épice. Malgré notre grande affliction, nous décidons de nous sustenter quand même non sans écraser une larme. L’appel de la pente est la plus forte, j’installe mon spad sur le dos et commence à gravir la côte. Stéphane m’arrête en m’indiquant que nous allons faire le tour. ChocoBob décide de rester près de la voiture afin d’éviter qu’une horde de mulots sur-vitaminés par du Growshop Alchimia ne viennent terminer nos victuailles.
Nous gagnons les 50m qui nous amènent en haut de la magnifique descente. Nous posons nos montures afin d’étudier les possibilités qui s’offrent à nous : hard ou encore plus hard. Chacun trouve son bonheur, mais je ne m’étendrai pas sur le sujet le tout ayant été gravé sur la péllicule par une main de maitre par Choco Spielberg. Nous ne sommes pas rassasiés et escaladons de nouveau, cette fois par la face directe, les cinquante mètres de la pente afin de pouvoir de nouveau nous livrer à une descente. Une fois en bas nous remontons. Ce n’est que sur l’injonction de Kairos-Stéphane que nous cessons nos rotations. Sans lui nous y serions peut-être encore…
Nous quittons les verts pâturages pour une séance d’Urban Ride dans les faubourgs rethélois. Nous commençons par une petite séance sur le magnifique terrain de BMX du sud Ardennes, avant de poursuivre par une ballade entre Aisne et canal. Un passage étroit en bord de canal mobilise toute notre attention et voit Eric et Guitou mettre les brassards de leurs enfants. Ils voulaient prendre la bouée canard mais ceci c’était avant que les petits plats de maman aient eu raison de leur tour de taille. Un Stéphane des grands jours nous enjoint à traverser une énorme flaque d’eau. Je le suis allégrement alors que Sébastien laisse sa roue avant au sec avec un superbe wheeling.  ChocoBob sera le seul à nous suivre les autres ayant peur de salir leur beau vélo (de RAVEL). Nous gagnons les hauteurs de Rethel afin de nous faire une séance de descente de marches avant de regagner les bords de l’Aisne. Un dernier passage en sous-bois permet de Guitsalon de démontrer l’étendue de sa dextérité. Il nous reste à traverser l’autoroute pour aller prendre l’apéro. Mais le renard romancier a plus d’un tour dans son sac et nous déniche un joli tunnel empli d’eau sur une hauteur de près de quarante centimètres. Quelle ingéniosité ! Les spads sont tout propre de même que nos chaussures et chaussettes même si l’odeur est plus proche du remugle de mouffette que de l’effluve de la tarte aux pommes.
Une dernière montée et nous finissons par une rampe nous amenant directement dans la cours de notre hôte sous les acclamations d’une foule en délire digne des concerts de Patrick Bruel.
Comme dans les aventures du petit gaulois notre journée se termine autour d’une bonne table où nous ne tarderons pas à reprendre les quelques grammes (voir bien plus) perdus lors de notre périple.
Merci à Stéphane pour son accueil et son parcours. Merci à Nathalie, Sandrine, Aurore, Isabelle et sa soeur, Cindy, Delphine, Catherine, Xaviera, Laurence et Laurence pour les excellents gateaux et pour nous avoir donné un pretexte pour rouler dés la semaine prochaine.

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