Le tour de 3 ou le retour du CR

Le tour de 3 pour 3ème itinérance des vacances, 3 jours et distances à 3 chiffres .

Le 16/08/2025 J1 : la mise en jambe

Je me réveille à 6H. Logiquement il me reste une heure de sommeil. Je fais le choix de me lever et de partir plus tôt. Je décolle à 7H. La température est fraiche. J’hésite à mettre le gamex. Finalement il restera dans la sacoche de fourche. Je prends la direction de Fumay par la voie verte sous un ciel gris et 16°. Le chargement se rappelle vite à moi d’autant plus que le vent vient parfois à ma rencontre. C’est l’heure de la sortie pipi des toutous. Je croise 2 itinérants ravis tout comme moi de ne pas rouler sous 30°.

Je m’arrête à la boulangerie de Monthermé mon estomac réclamant un pain au raisin. A peine reparti que quelques gouttes tombent du ciel pour m’accompagner jusqu’à la dernière ville française de la matinée avant l’entrée en Belgique. J’entre dans Fumay à 10H30. Je fais un détour par la boulangerie pour ressortir avec un pâté à la viande que je mangerai à la terrasse du café voisin.

L’échauffement est terminé. Ca monte. Ca monte de quelques pourcentages dans un premier temps. Dès le panneau Belgique passé l’inclinaison augmente pour franchir les 18% sur 300 mètres. Les 3 km restants se contenteront d’osciller entre 7 et 14%. Je suis en pleine forêt. C’est magnifique et « reposant ». Le bitume devient gravier. Je descends jusqu’à Oignies en Thiérache. C’est la fête au village. Adultes comme enfants ont revêtu des tenues que j’aurais qualifiées de napoléoniennes s’il s’agissait d’un village français. Je passe par la buvette pour me remplir le coco et profiter de l’ambiance. Hélas, le solide n’est prévu que pour la soirée. Je me dirige donc vers Couvin. Suites de descentes et de montées dont une m’aura bien fait transpirer. Je m’installe à la brasserie de la place et me restaure. Laurent (Spaderman), aussi en itinérance, me transmet le lien de sa trace du jour. Rhooo pas suffisamment de réseau pour accéder au site  dans cette ville hébergeant le plus français des belges (de par ses initiales si Philippe commençait par un F et non par un P : FR). D’ailleurs ne serait-ce pas un acte délibéré de ce roi de la bourgade ?

Je rejoins l’EV 3 par différents ravels en coupant à quelques endroits par des chemins. Chemins très caillouteux … attention les secousses comme dirait une célébrité sedanaise ou un truc à faire sortir ses raisins du cuissard comme imagerait Hervé.  La chaleur commence à se faire sentir. Heureusement le profil devient plat au milieu de pommiers. J’atteins ma destination vers 16H. Mes hôtes de Cyclodort étant absents avant 17H30 j’ajoute quelques Km pour rallier la superette du village. J’y achète quelques victuailles solides et liquides, et une bouteille de vin pour remercier Stéphane et Juliette. La boisson de couleur rouge se retrouve sur ma sacoche de selle. Je croise le regard stupéfait de passants durant le retour. L’accueil est chaleureux et papotant. Je finis par passer à la douche et par installer mon bivouac. Le repas est partagé. Œufs des poules de mes cycloaccueillants, légumes divers de leur potager, le tout arrosé de Kéfir maison et de vin rouge de carrefour. Le toutou de la maison est joueur et infatigable. Je me prête au jeu. Je ne sais plus le nombre de lancer de balle à mon actif. Ce qui certain c’est que j’avais plus mal au bras qu’aux jambes en fin de cette sympathique soirée. C’est avec 121 Km et 708 de D+ que je termine la 1ère étape.

Le 17/08/2025  J2 : si près des cieux

La tente, le matelas et le duvet retrouvent leur sacoche respective à 7H. Je discute longuement à nouveau avec Stéphane et Juliette. Nous refaisons la nature. Je les remercie une dernière fois et me revoilà en selle à 9H. Je suis à la bourre. J’ai conscience que les 30 derniers Km seront les plus difficiles. Je débute par la scandibérique légèrement vallonée jusqu’à Hirson. Lorsque j’arrive la chance me sourit (pas comme à d’autres). J’y croise une boulangerie et un bar. Je me dirige vers Guise. Je tente de récupérer mon retard du matin. Les faux plats montants font mal aux jambes. Arrivé sur les chemins blancs je relève le pied n’étant pas encore à la moitié de la trace. Je passe  à la boulangerie avant le passage au familistère Godin. J’avale salé et sucré. C’est le cas de le dire, ma quiche contient de la pate chocolatée à un endroit (beurk !). J’ai au moins la certitude que le boulanger prépare lui-même ce qu’il vend. Du fait maison. Par chance aucun lardon n’a été mis en guise de fève dans l’éclair au café. Le coca fera passer ce goût immonde.  Un petit tour au familistère et la soif revient. Je change de crémerie une autre boulangerie étant ouverte. Je ressors avec un pain bagnat et 2 bouteilles. Je me sens quelque peu reposé. Je quitte la ville et sors de la scandibérique pour quelques Km. Je me retrouve sur des chemins dont le final se termine par une belle montée dans la caillasse. Avec le vélo chargé à l’avant et à l’arrière bien compliqué de récupérer les roues qui se dérobent. Pierre qui roule n’amasse pas mousse disent certains. Perso je dirai pierre qui roule attention à la ramasse. Je passerai finalement ces 400 mètres sur la selle en évitant la chute. la suite alterne asphalte, chemin blanc ou gravillonné parfois monotrace. Heureusement ils sont souvent situés à l’ombre exceptée la longe suivant un cour d’eau. Voici le moment de mettre le clignotant à gauche pour quitter la EV3 et m’engager sur la Francigena sur les recommandations de Laurent (qui a bien précisé qu’il avait en projet de la rouler mais qu’il ne connaissait pas cette trace). Je suis en sueur. Je fais une pause au 1er village. Ca va monter et le terrain risque d’être peu roulant pour ces 25 Km restants. Après un coca et un schweppes pomme je prends mon courage à deux jambes. Chemins agricoles avant de me retrouver devant un chemin dont l’entrée est presque fermée par la végétation. J’y jette un œil et y vois une légère trace. Je m’y engage attiré par le côté sauvage. Je me retrouve sur un single avec une voute de végétation. C’est magnifique. La trace tournicote avec à certains endroits de légères racines. Dans une montée je finirai par mettre pied à terre ne pouvant plus appuyer sur les pédales tout en dirigeant le bike pour éviter les ronces et els branches. Je récupère des chemins plus « civilisés » certes moins sympathiques mais je peux déconnecter le cerveau. J’entre à nouveau dans les bois. J’ai cette sensation d’être au milieu de nul part. Que c’est sauvage. Sauvage ok mais aussi technique et de plus en plus montant. J’arrive à tenir et à ne pas poser pied à terre  jusqu’au moment où les pierres et les 14% auront raison de mon courage. Je remonte sur le bike cette difficulté derrière moi. Je croise un couple de traileur. Je les entends dire après les salutations d’usage « il est fou plus loin il ne pourra jamais passer ». Effectivement, je tombe sur un mur à 30%. Le passage est tellement étroit qu’il est presque impossible d’être à côté du vélo. Même pour monter à pied sans 2 roues j’ai du mal. Je monte d’un mètre et redescends de deux. Un don du ciel sur ce chemin des abbayes, ces deux traileurs venus de mal part me permettront de hisser le vélo. Mon ouf de soulagement ne durera pas longtemps. Monsieur traileur m’informe que 600 mètres plus loin c’est pire ! Effectivement ! Malgré les 6 mains ce ne fut pas une mince affaire d’envoyer les 21Kg en haut des 25 mètres ! Mais qui m’a proposé cette trace  (pour maudire ce qui) ? La suite est roulable beaucoup moins montante en single avec passage de petits talus. Un coup a droite un coup à droite. Quel régal ! Mais qui m’a proposé cette trace (pour remercier+++ ce qui) ? Il me reste 5km et 2 minutes pour arriver au camping avant la fermeture de l’accueil. Je passe un coup de fil pour prévenir de mon retard. Les infos sont rassurantes.

Que ça fait du bien une douche, une Chimay bleu, une bonne assiette de pâtes et un café liégeois glacé après 119Km et 708 de D+ dont 2/3 sur les 25 Km finaux. Un grand merci à Laurent pour cette trace vraiment grandiose (quand on en sort vivant lol).

18/08/2025 J3 : le plus facile n’est toujours facile

Un chocolat chaud / croissant et je prends la route à 9H. Dès le départ ça monte. J’enquille directement le petit plateau. Je mouline (oui ça m’arrive). Malgré mes craintes les jambes ne tirent pas de trop. je trouve rapidement mon rythme. Après plusieurs Km de bitume je me retrouve sur la Francigena, différente d’hier, chemins plus larges au relief atténué. Par contre, le début est sablonneux. Ce sable m’oblige à pousser le vélo à plusieurs reprises. S’en suivent des chemins forestiers avec quelques descentes techniques en gravel chargé. Laon me montre ses hauteurs. Mon GPS m’indique de tourner à droite pour prendre la rampe de Saint-Marcel. Dès la lecture je transpire. Tout à gauche je finis par arriver au point le plus haut de cette ville remplie d’histoire. Je salue Jacques MARQUETTE avant d’avancer jusqu’à la cathédrale. Super ça descend me dis je. Heu ? Oui belle et longue descente mais en pavé. Je repère un Mac Do et m’y rend pour m’enfiler un Sunday mangue et un coca. Je quitte la ville.  Je suis la V30. Je m’arrête voir l’ancienne abbaye de Vauclair. Je prends le fléchage local indiquant le snack. Boum padaboum il est fermé. Je prends une liaison pour rejoindre la voie verte sud-Ardennes. Aucun intérêt et le soleil chauffe chauffe et chauffe. Pas un poil d’ombre. Boulangeries fermées, bars fermés, restaurants fermés. Le lundi au soleil … c’est un rafraîchissement que tu n’auras jamais. Que j’aime Guignicourt où toutes les grilles sont baissées. Mais quelle aubaine un panneau indique 2ème rue à gauche Cafferour contact. Yes Yes et Yes. J’arrive sur le parking et je vois la rideau de fer jusqu’au sol. Je m’approche … (suspense) … ouf il est juste fermé entre 12H et 14H. Il est 12H45 je fais le choix d’attendre l’ouverture. Mes emplettes dans le sac je me pose sur la bord de l’Aisne à l’ombre pour prendre mon repas. Requinqué j’engage le final. Sentiers étroits sympathiques débutent la sud-Ardennes. J’aboutis sur la partie goudronnée. Je sens que ça va être long. 95Km de roulant en évitant le piège d’envoyer à s’en cramer les jambes. La voie verte est ombragée par chance. Je commence par avoir mal au c.. . Je croise un couple en tandem venant d’Allemagne. Nous taillons la bavette quelques instants. A Rethel je me détourne vers la boulangerie (la même que celle du Nouvion sur Meuse / Reims de l’an passé). Un flan et un coca me reconstituent tout en refroissant mon assise. A Rilly sur Aisne j’ai le cerveau tellement déconnecté que je rate le pont et continue tout droit. Mon GPS ne cesse de sonner. Je ne percute pas. Il me faudra reconnaitre l’endroit où je me suis arrêté pour faire un pipi il y a 2 mois pour percuter que je vais vers Vouziers ! Demi-tour et 7 km de rabe ! Je contemple les écluses. Dernière pause pour m’ingurgiter raisin et barres de céréales. Il me reste 40Km. La fraîcheur est la bienvenue. J’en ai tellement marre que je mets tout à droite et lâche mes dernières forces. J’avance entre 24 et 27 Km/H le cerveau totalement déconnecté. La nuit tombe et j’allume mon éclairage. C’est agréable. La nuit noire venue les ragondins en tenue de pyjama sont venus. Les couillons ils sortent d’un bosquet, se placent sur ta trajectoire pour sauter dans le canal. Ce que j’ai appris c’est qu’un ragondin n’est pas rapide en marchant. J’ai cru me vautrer à plusieurs reprises. Heureusement que mes roues se sont transformées en  scie circulaire. Au bord du canal vous avez aussi le droit au nuage d’insectes volants à la tombée de la nuit. Ok ils rentrent au bercail lorsqu’il fait totalement noir. Hélas, les  papillons de nuit prennent le relais. Un festival  animalier la nuit au bord de l’eau. Enfin j’y suis presque. Il me reste 300 mètres. Mais sur ces 300 mètres se trouve ma côte courte mais raide. A pied ? non pas question pas si près du but. Yes je suis, chez moi, après 174Km et 732 de D+.

Ce périple avait pour but de trouver des repères et les limites dans l’objectif du challenge du Tourmagne dans un an. Ce que j’aurai appris de plus étonnant est qu’il m’est essentiel de manger du salé.

RAID Ardennes VTT
Aperçu de la confidentialité
Ce site utilise des cookies afin que nous puissions vous fournir la meilleure
expérience utilisateur possible. Les informations sur les cookies sont stockées
dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître
lorsque vous revenez sur notre site Web et aider notre équipe à comprendre les
sections du site que vous trouvez les plus intéressantes et utiles.

Vous pouvez ajuster tous vos paramètres de cookies en naviguant dans les
onglets situés à gauche.